Journées d’étude en littérature française contemporaine : "Ecritures du travail, écritures politiques ?" Appel à contribution

Organisateur : Bruno Blanckeman

Date limite d'envoi des propositions :

Journées organisées les vendredi 13 décembre 2013 (Université de Tours) et 14 mars 2014 (Université Sorbonne Nouvelle Paris 3) par Aurélie Adler (Université Sorbonne Nouvelle Paris III, CERACC), Maryline Heck (Université François Rabelais Tours, ICD) et Bruno Blanckeman (Université Sorbonne Nouvelle Paris III, CERACC).

Comité scientifique :

  • Emmanuel Bouju (Université Rennes 2 Haute Bretagne) ;
  • Marc Dambre (Université Sorbonne Nouvelle Paris 3) ;
  • Catherine Douzou (Université François Rabelais, Tours) ;
  • Raphaëlle Guidée (Université de Poitiers).

Argument :

On constate actuellement en France une recrudescence d’ouvrages consacrés à la question du travail, qui s’inscrit dans un mouvement amorcé dès le début des années 80 mais qui semble aujourd’hui prendre des proportions et des modalités nouvelles. Témoin d’une crise économique toujours plus aigüe comme de l’hégémonie croissante du discours néo-libéral, ces ouvrages rendent compte des bouleversements actuels des modes et des conditions du travail, souvent accompagnés d’un sentiment de dégradation. Ce contexte de faillite économique, sociale et idéologique semble alimenter le doute mais aussi la réflexion critique de l’écrivain quant à sa capacité et à sa légitimité à exprimer un réel à vif. Deux types d’ouvrages paraissent dominer la production : ceux consacrés au monde de l’entreprise néo-libérale, et ceux qui portent sur la classe ouvrière et sa disparition. Mais on trouve aussi une multitude de témoignages qui relèvent d’une littérature plus ou moins mineure, concernant diverses professions, généralement placées sous le signe de la crise.

Ces écrits sur le monde du travail convoquent, à des degrés divers, des références sociologiques, des formes d’examen ou de critique du monde social, voire certaines orientations idéologiques. Peut-on pour autant les qualifier de « politiques » ? Peut-on considérer qu’ils participent d’un certain retour à l’engagement que la critique a pu désigner comme une caractéristique de la littérature actuelle ? Encore faut-il définir ce que l’on entend par « politique », le terme étant particulièrement polymorphe. L’évolution des formes de l’engagement dans les dernières décennies incite à partir d’une définition relativement large du politique comme ce qui est relatif à la cité, à la société organisée, au vivre-ensemble : la littérature contemporaine, marquée par la fin supposée des idéologies, se tient généralement à l’écart de tout discours dogmatique ou militant. Il en découle un certain flou épistémique ; les repères légués par les figures historiques de l’engagement littéraire ne semblent plus pouvoir rendre compte des nouveaux modes d’investissement ou d’appropriation du politique.

Il s’agirait aujourd’hui de commencer à historiciser la production littéraire au tournant du millénaire, et à penser les outils, voire les paradigmes permettant de rendre compte de ses évolutions.

Comment nommer ces nouveaux rapports au politique ? S’agit-il toujours de penser une forme d’efficace de la littérature, un pouvoir d’intervention sur le réel ? Peut-on considérer comme politique le simple fait de la désignation, de la mise en évidence de réalités (injustices, violences sociales, etc.) qui autrement échapperaient aux yeux et à la conscience du lecteur ?

On privilégiera les pistes suivantes :

  • le rapport à l’histoire, qu’elle soit collective ou individuelle. On constate l’importance des écrits mémorialistes ou autobiographiques, où la trajectoire individuelle, qu’il s’agisse de celle de l’auteur lui-même ou de sa famille, rejoint la destinée d’une classe sociale ou d’un corps de métier.
  • le rapport à la forme : quels renouvellements formels l’écriture du travail implique-t-elle ? Le travail de la langue et des formes narratives peut-il avoir une dimension politique ? Voir par exemple l’usage ironique ou critique des discours économiques et sociaux, comme la novlangue néolibérale.
  • le rapport de l’écrivain aux questions éthiques et idéologiques. Peut-on toujours parler de la « responsabilité » de l’écrivain aujourd’hui ? Le terme pourrait paraître trop emphatique pour désigner les nouvelles postures de l’auteur, qui héritent peut-être davantage du soupçon qu’elles n’empruntent encore à l’autorité du prophète. Faut-il lui préférer la notion d’« implication », aujourd’hui mise en avant par certains critiques ?
  • sociologie du littéraire : quels sont les nouveaux modes d’intervention de l’écrivain ? Quelle action sur la société, quelle réception auprès du lectorat sont-elles recherchées ? Quel décalage entre intentionnalité et effectivité ? Quelle relation entre activités professionnelles, travail d’écriture et publics défavorisés ou marginaux ?

On retiendra les ouvrages narratifs parus depuis 2000 en langue française.

Durée des communications : 20 min.

Elles sont organisées avec le soutien du CERACC (Université Sorbonne Nouvelle Paris 3) et du laboratoire ICD (Université François Rabelais, Tours).

Les propositions de communication sont à envoyer sous la forme d’un résumé de 300 mots accompagné d’une brève notice bio-bibliographique pour le 15 avril 2013, délai de rigueur, aux deux adresses mails suivantes :