"Présence et usages du mythe dans le roman depuis les années cinquante" Appel à contribution

Organisateurs : Bruno Blanckeman, Marc Dambre

Date limite d'envoi des propositions :

Université de Paris 3 - Sorbonne Nouvelle
24, 25 et 26 novembre 2011

Dans un siècle réputé « désenchanté », rationaliste à l’excès, des romanciers aussi divers que Pierre Jean Jouve, Claude Louis-Combet, Henry Bauchau ou Sylvie Germain ont construit leur univers romanesque à partir de l’imaginaire mythique. Les sciences humaines (anthropologie, ethnologie), le développement de la psychanalyse et le développement herméneutique de la phénoménologie favorisèrent un développement narratif nourri par l’intégration d’une part d’irrationalité, et donc par la sympathie envers l’univers du mythe. Des emprunts aux fonds aussi bien païen que chrétien s’actualisent sous la forme de figures (Hécate, Œdipe, Antigone…) ou bien de scenarii mythiques (la lutte de Jacob avec l’ange, le regard de la Méduse, la tentation de l’inceste).

Loin toutefois de se réduire à une situation ou à un type, le mythe engage un mode d’élucidation et d’intelligence du monde. Dans Le Banquet, Socrate recourt à Diotime pour éclairer Eros. Or Eros, fils de Pénia et de Poros, est marqué par la pauvreté et par l’habileté. De Poros il tient l’art de l’expédient qui pallie l’indigence héritée de Pénia. Ce double marquage ne caractérise-t-il pas le rapport de complémentarité entre le discours (logos de Socrate) et le mythe (raconté par Diotime) ?

À la lumière de cette complémentarité, on pourra se demander si l’usage romanesque du mythe lui conserve, depuis la seconde moitié du XXe siècle, le statut, la place, et la fonction supplétive qu’il a dans Le Banquet, celle de suppléer au logos, de médiatiser et de subsumer une contradiction.

Nous nous proposons d’examiner en particulier les axes suivants :

1) Modes de présence du mythe : transposition, allusion, citation 

 Quels romans déplient des « versions de mythe » combinant répétition et variation, actualisant des possibles révélés par la modernité (par exemple, par la psychanalyse) ?

Quels romans hébergent des fragments de mythe déconstruit, en jouant avec la culture et en dialoguant avec l’intertextualité ?

Quel rapport de l’écrivain et du lecteur à la culture l’usage que tel roman fait du mythe induit-il ?

2) Mythe et crise : du problématique à l’énigmatique 

Peut-on repérer dans le paysage narratif récent une actualisation du mythe comme « forme simple » parmi les neuf que distingue André Jolles, et le distinguer de la légende par exemple ou du conte en vertu de la disposition mentale et du geste verbal qui le caractérisent (questionnement/événement) ?

À quelles expériences littéraires l’inscription d’une mémoire archaïque, collective et la revenance d’un récit soustrait aux catégories de la logique conduisent-elles le roman contemporain ?

Nous vous remercions de répondre d’ici le 30 octobre 2010, date à laquelle le projet sera diffusé sur le site de Fabula.

Les propositions de communication comporteront un titre ainsi qu’un résumé de 300 à 500 mots. Elles seront envoyées à l’organisatrice du colloque, ainsi qu’une brève bio-bibliographie avant le 31 mars 2011.

Colloque organisé par Marie-Hélène Boblet

Université Paris 3 – Sorbonne Nouvelle
Equipe EA 4400 « Écritures de la modernité. Littérature et sciences humaines »
Directeur : Alain Schaffner
Centre de recherches CERACC
Directeurs : Marc Dambre et Bruno Blanckeman