Agnès CAMBIER

Doctorante Paris 3 (CERACC)
Sous la co-direction de Marie-Hélène Boblet et Jean-Yves Guérin.

Principales publications :

  • « Dits et non-dits : la parole en question » in Sabrinelle Bedrane et Catherine Douzou (dir.), Annie Saumont : voix minuscules, Roman 20/50, hors-série n° 7, octobre 2010, Villeneuve d’Ascq, Presses Universitaires du Septentrion, p. 41-51.
  • « Dire l’actuel : la parole nue des pièces monologales » in Simon Bréan, Catherine Douzou et Alexandre Gefen (dir.), Ecrire l’actualité / produire l’actualité, ELFe XX/XXI, n° 3, Paris, classiques Garnier (à paraître en 2013).
  • « Enjeux mémoriaux et littéraires des fictions pour la jeunesse autour de la Shoah » in Martine Jaubert, Sylvie Lalagüe-Dulac et Brigitte Louichon (dir.), Lecture / spectature de fictions historiques à l’école et au collège en classe de français, Repères, n° 48, Lyon, ENS de Lyon, Institut Français de l’Education (à paraître en 2013).

Thèse : Les pièces monologales contemporaines : des textes pour la voix au croisement des genres

Presque inexistantes il y a trente-cinq ans, les pièces monologales ont connu un essor fulgurant depuis la fin des années soixante-dix ; à partir d’un corpus d’une cinquantaine d’œuvres d’auteurs de langue française (E. Cormann, E. Durif, L. Gaudé, B.-M. Koltès, K. Kwahulé, J.-L. Lagarce, F. Melquiot, P. Minyana, V. Novarina, N. Renaude, J.-P. Siméon…), nous interrogerons les enjeux de ces textes conçus avant tout pour la voix, notamment sous l’angle de la poétique des genres.
En effet, ces monologues, quoique écrits pour la scène, sont souvent plus proches du récit ou de la poésie que du théâtre : le dramatique y est très réduit, alors que la dimension narrative et la tonalité lyrique de ces récits de vie sont manifestes.

Pourtant, cette hybridité générique ne semble pas née d’une volonté de subversion des catégories établies. Cette réduction du théâtre à l’essentiel se serait plutôt imposée comme une évidence : non seulement le contexte actuel et les évolutions théâtrales ont permis l’apparition de cette forme minimale au croisement des genres ; mais il semble également que l’ébranlement social, identitaire et psychique des personnages trouve un écho dans cet ébranlement formel.

Enfin, ces textes exprimant les maux du moi et du monde par le verbe plutôt que l’image scénique placent leur locuteur dans une posture de témoin dont la parole se situe après l’événement. Ce statut, associé à l’adresse au public, contribue à faire de ce « diseur » un récitant ou un conteur réunissant l’assemblée des spectateurs autour de sa parole hybride ; celle-ci apparaît alors comme une parole poétique au sens originel, au-delà ou en-deçà de toute distinction entre théâtre, récit et poésie.