Alison Peron

Doctorante (CREF&G/LF) à l’Université Paris 3-Sorbonne Nouvelle sous la direction de Mireille Calle-Gruber.

Principales publications :

  • « Relation(s) / compréhension(s) entre hommes et femmes, une histoire de la mal-adresse ? L’Homme assis dans le couloir de Marguerite Duras, in Catherine Rodgers et Raynalle Udris (dir.), Bulletin de la société Marguerite Duras, à paraître en février 2011.
  • « Thérèse et Isabelle de Violette Leduc et le sujet décentré de Wittig », dossier Spectres et rejetons des études féminines et de genres, in Sens public, à paraître en février 2011.

Thèse : La poétique du décentrement dans l'oeuvre de Violette Leduc

Directeur(s) de thèse : Mireille Calle Grüber

Le projet de cette thèse est de s’attacher à la force heuristique de la littérature. C’est un sujet qui mêle plusieurs disciplines:la littérature, la philosophie, la sociologie, la psychanalyse, la linguistique. Il s’agit de montrer comment la littérature peut penser les questions de genre et avoir une force performative puissante, grâce à la fiction. La question de l’autobiographie, ou de l’autofiction et donc du rapport entre vie écrite et vie rêvée tient une place importante dans la réflexion. Peut-on classer cette œuvre ? Car l’œuvre de Violette Leduc remet en jeu non seulement la notion d’écriture (la censure est à analyser) mais aussi les corps, les désirs, les amours, les sexes, les genres et la sexualité. Elle déconstruit les normes, les préjugés et fait face aux non-dits. Elle déplace, décentre, tout ce qui paraît fixe et « naturel ». Le but est de montrer par quels mécanismes ses œuvres arrivent à accomplir cette déconstruction, en analysant les particularités de sa poétique. Sa position de femme, écrivaine, lesbienne, bâtarde, laide d’après elle, pauvre, amoureuse d’homosexuels et d’hétérosexuelles la place dans une pluralité de marginalités qui font, par ses personnages et ses histoires, des œuvres à part, décentrées elles-aussi. Les thèmes qu’elle y aborde, tels que la violence amoureuse, le goût de l’absolu, le désir comme résistance à la norme, la subversion des rôles (masculins/féminins), la maternité, le mariage, le fantasme, etc, sont autant de sources de décentrement. Sa poétique elle-même en est une lorsque l’on analyse sa syntaxe et la manière qu’elle a de jouer avec les sèmes et les images. Mais c’est pour penser le décentrement comme une force performative qu’il est intéressant d’analyser tout cela. D’un point de vue philosophique, le point de vue en marge est celui qui permet de remettre en cause les normes et les modèles hétérocentristes qui gouvernent les sociétés occidentales. Montrer comment ce « cheval de Troie » qu’est la littérature peut les déconstruire est l’enjeu principal de cette thèse.

Mots-clefs :

Genre, femmes, normes, performativité, déconstruction, marginalité, censure, sexualité, sexes