Anaëlle Touboul

Thèmes de recherche :

Mots-clés : littérature et maladies mentales, littérature française, XXe siècle, roman psychologique, histoire culturelle, fiction et non-fiction, littérature et science, Georges Duhamel, André Baillon, Julien Green, Henry de Montherlant, Alexandre Vialatte.

Principales publications :

« Hybridité du récit de folie : le cas d’André Baillon et de Léon Schwarz-Abrys », French Literature Series, BRILL, vol. 42, à paraître en 2017.

« La folie en question(s) dans La Moustache d’Emmanuel Carrère », Emmanuel Carrère. Le point de vue de l’adversaire, sous la direction de Christophe Reig, Alain Romestaing et Alain Schaffner, Presses Sorbonne Nouvelle, 2016.

« Récits d’asile, histoires de “la folie qu’on enferme” », Espaces de vie de l’artiste : les internements à l’œuvre, sous la direction de Nella Arambasin, Presses Universitaires de Franche-Comté, 2014.

« De la folie ordinaire à la folie meurtrière, M. Vingtrinier ou le génie du néant », Roman 20-50, Revue d’étude du roman du XXe siècle, n° 50, décembre 2010.

« Solal ou le funambule travesti : costumes et dualité identitaire dans l’œuvre romanesque d’Albert Cohen », Cahiers Albert Cohen, sous la direction de Philippe Zard, n° 21, 2011.

« Le psychiatre et son patient dans le roman de folie au XXe siècle : portraits croisés et transferts de savoirs », à paraître.
Actes du colloque international « La Science en fiction », organisé par le CELIS, Université Blaise Pascal-Clermont-Ferrand, 15-16 mai 2014.

« “Une espèce d’épopée météorologique de l’âme” : troubles de la mémoire et aliénation mentale dans Le Fidèle Berger d’Alexandre Vialatte », à paraître.
Actes du colloque international pluridisciplinaire « Trous de mémoire, failles du cerveau : le témoignage de la littérature », organisé par le CEDFL, Université Jean Moulin-Lyon 3, 23-24 mai 2014.

Thèse : "Histoires de fous". Approche de la folie dans le roman français du XXe siècle

Directeur(s) de thèse : Alain Schaffner

Figure obsédante de l’imaginaire collectif, le fou a longtemps été chargé de significations qui le dépassent ; le mythe de la folie fait recette sur la scène littéraire mais les malades n’en sont que des figurants. Alors que le fou réel est maintenu dans les marges de la littérature comme de la société, le fantasme culturel de la folie est nourri et modelé au XIXe siècle par la littérature romantique ou fantastique et exalté au début du siècle suivant par les avant-gardes historiques. Un certain nombre de textes de romanciers du XXe siècle, parmi lesquels Georges Duhamel, André Baillon, Julien Green, Henry de Montherlant ou encore Alexandre Vialatte, mettent au contraire en œuvre un décentrement du regard littéraire de la folie vers le fou – du mythe à l’individu. Ce sont les modalités et les logiques de cette émancipation de la figure du fou et de son affirmation comme sujet – au sens de thème comme de subjectivité – autonome dans l’espace romanesque que ce travail s’applique à éclairer. Ces récits fictionnels qui font de la conscience aliénée à la fois le foyer et l’objet principal de la narration mettent en scène une folie presque familière, où l’idéalisation cède le pas à la représentation de troubles intimes et ordinaires, qui atteignent un personnage banal menant une existence modeste. Par leurs affinités sémantiques, syntaxiques et pragmatiques, ils forment un « sous-genre » romanesque, celui des "histoires de fous". L’enjeu de cette thèse est de déterminer le répertoire générique de ces romans tout en examinant la manière dont la folie interroge les moyens et les pouvoirs de la fiction romanesque. Il s’agit également de mettre au jour ce que la littérature nous aide à comprendre de cet impensable, envers de l’expérience partagée de la raison, et d’observer comment les romanciers contribuent à refléter tout autant qu’à remodeler les formes de cet objet social et culturel.

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