Athanassios VASSILIOU

Doctorant à l’université Sorbonne nouvelle - Paris 3

Principales publications :

  • "Un témoignage selon le signe. L’œuvre d’Atom Egoyan", Positif, n° 555, mai 2007, p. 44-46.
  • "Peinture et Mélancolie" in Théo Angelopoulos. Au fil du temps, Sylvie Rollet (dir.), Presses de la Sorbonne Nouvelle, Paris, 2007, p. 120-129.

Thèse : Figures d’ « entre-deux » dans l’œuvre d’Atom Egoyan

Soutenue en octobre 2011

Mots-clefs

Irreprésentable, miroitements, traumatisme, indicible, invisible, vide, aporie, incertitude.

L’œuvre d’Egoyan fait partie de ces œuvres obscures, dont le caractère intime porte les traces d’une violence invisible. Récits construits par blocs qui se répètent ou s’intercalent créant des réseaux confus, personnages jouant le rôle de reflet ou de substitut, images qui changeant de statut, entremêlement temporel vertigineux tant par le biais de l’image que par le son, semblent composer la structure narrative d’Egoyan. Ce sont là précisément les éléments qui concourent à faire apparaître des liens permettant de faire émerger une forme.

Du point de vue de l’échange – des « regards échangés » - entre le film et son spectateur, il me semble que la filmographie du cinéaste pouvait être regardée en termes plastiques, ou analysées selon la « méthode du ENTRE et du ET », pour reprendre les termes de Gilles Deleuze : « ‘ceci et puis cela’ qui conjure tout le cinéma de l’Être = est. Entre deux actions, entre deux affections (…) : faire voir l’indiscernable, c’est-à-dire la frontière. Le tout subit une mutation, (…) pour devenir le « et » constitutif des choses, l’entre-deux constitutif des images. »

L’œuvre d’Egoyan est particulièrement révélatrice de l’espace d’« entre-deux » dans lequel se produit un double mouvement d’invalidation et de composition du sens en même temps que se crée un espace dans lequel la forme du film prend place. S’ouvre alors devant nous le territoire inexistant d’un temps disloqué. Films qui nous invitent à prendre place dans cet « entre » qui produit des contresens, des diffractions et crée une expérience partagée : et l’univers du film et le spectateur semblent vivre juste « entre-les-deux », dans la frontière. Ce travail essaiera de décrire cette expérience.