Audrey SZEBESTA

Doctorante (CREF & G) à l’Université Paris III-Sorbonne Nouvelle sous la direction de Mireille Calle-Gruber.

Thèse : La scène des genres dans le théâtre de Beckett à Novarina : la déconstruction du féminin.

On ne peut comprendre la question des genres sans en revenir à celle du sujet. Cette étude va tenter de croiser ces notions, pour le moins indissociables, afin d’essayer de saisir le « qui ? » : Qu’a apporté la déconstruction du sujet, dans le théâtre moderne de Beckett à Novarina, sur l’image et le genre du féminin ? Que reste t-il de la féminité après cette défiguration du réel et ce mélange générique (sexuels, artistiques, linguistiques...) ? Quelles traces ? ... À travers le regard d’auteurs exclusivement masculins il s’agit de tenter de comprendre ce qu’il reste de « La Femme » après défiguration du sujet dans ces œuvres de l’épuisement, de la destruction, dépassant la dualité féminin/masculin au profit de catégories plus larges : humain/non humain, animal/végétal, vivant/non vivant. Le genre théâtral existe par la corporéité et le rapport à l’espace. In fine la scène semble, sans jamais la résoudre, accueillir et transcender la problématique ; n’est-elle pas indéniablement le lieu de passage, de dépassement, de rencontre ultime des sujets et du sujet de l’œuvre ? Pour comprendre les questions génériques, nous en reviendrons à des prédicats et des réflexions philosophiques antérieurs, principalement aux pensées des philosophes Heidegger, Derrida, Deleuze. Il est question d’ouvrir sur quelques romanciers contemporains, afin de voir ce qu’il reste du sujet féminin, dans des œuvres aux personnages ayant une continuité non « sortie du cadre de la réalité ». Les romans de Y. Moix, controversés et peu étudiés semblent répondre à la problématique, dans un langage cru indéniablement encré/ancré dans le siècle, autour de l’unicité et la multiplicité du féminin, le mélange des corps, l’image de la femme, et le problème du « je »/« jeu », avec des titres significatifs tels Partouze. La littérature se doit-elle de remettre en cause le sujet ? Doit-elle pour cela être ancrée dans l’actualité et la société contemporaine ? Et quel devrait être le rôle de l’Etat dans la détermination du sujet ? Ces questions mériteront réflexion tout au long de la recherche par un écho philosophique, une réelle interrogation sur la société moderne, l’espace politique...

Mots-clefs :

Beckett, Novarina, Derrida, déconstruction, féminin, genres, qui ?, quoi ?, théâtre, scène