AYACHI Néfissa

Doctorante Paris 3 / Tunis (CERACC)

Sous la direction de Marc Dambre

Thèse : L’œuvre de Dominique Fernandez et le baroque

(Cotutelle / Université de Tunis.)

Nous avons consacré notre mémoire de D.E.A soutenu le 18 avril 2003 à l’étude du diptyque romanesque que constituent L’Ecole du Sud et Porfirio et Constance de Dominique Fernandez en adoptant comme méthodes d’analyse, la psychocritique et la psychobiographie [1]. Nous envisageons cette fois-ci d’étudier dans le cadre de notre thèse, l’ensemble de l’œuvre romanesque et des récits de voyage du même auteur dans une nouvelle perspective, celle de l’esthétique baroque. Nous découvrons à la lecture des essais et des romans de Dominique Fernandez une esthétique nouvelle du baroque derrière laquelle se profile une éthique de vie. Le baroque est l’emblème d’une philosophie hédoniste, d’une esthétique du plaisir. L’être baroque est un être de la jouissance, jusqu’à l’extase, vu sa conscience aiguë de la fragilité des choses et de la brièveté de du temps, le sentiment tragique de la vie :« (…) la meilleure définition de l’homo barrochus « (…) homme de bruit, homme de plaisirs ». » [2]La rencontre des arts d’inspiration baroque et de la création littéraire, du style artistique et de l’imaginaire du créateur, la tension qui s’opère entre ces deux univers est à la source de la naissance d’une esthétique complexe et hybride. Celle-ci pourrait faire l’objet d’une étude qui permettrait tout d’abord de dégager l’imaginaire qui sous-tend les récits de voyages. Les passerelles qu’on jetterait ensuite entre ces récits et les écrits romanesques permettraient de mettre en lumière l’inscription du baroque dans le mode fictionnel et le traitement qu’il subit. Cela permettrait de montrer comment l’esthétique baroque devient un mode de création, un mode de vie et de pensée.1. Méthode critique inventée par Dominique Fernandez. Elle étudie l’interaction entre l’œuvre du créateur et le vécu infantile de ce dernier, la création serait le fruit des motivations inconscientes pendant l’enfance. 2. Ibid., p.162.