Claudine NACACHE-RUIMI

Thèse : La Place du corps dans l’œuvre d’Albert Cohen

Il y a, dans l’œuvre romanesque et autobiographique de Cohen, un discours récurrent sur l’obsession du temps, qui mine insidieusement le corps humain pour le mener à la dégradation et à la mort. C’est pourtant par le corps – et tout ce qui s’y rapporte – que le personnage cohénien se constitue, et acquiert une existence dans l’espace romanesque.

Élément de force et de faiblesse, le corps chez Cohen possède différents enjeux : sur le plan dramatique, il est l’élément dynamique de la diégèse ; c’est par leur corps que les personnages de Belle du Seigneur se rejettent, s’attirent, s’affirment, renoncent, existent ou disparaissent.

Sur le plan symbolique, le corps est le lieu des antagonismes, l’espace où s’affrontent vérité et mensonge, pureté et souillure, sensation d’emprisonnement et désir nostalgique d’infini.

Enfin, le corps est surtout matière d’une esthétique : tour à tour burlesque, lyrique, pathétique ou tragique, l’écriture du corps permet à Cohen d’élaborer une poétique dans laquelle se côtoient sans jamais que l’une ne l’emporte sur l’autre, les forces vives de la vie et la condition mortelle de l’être humain.