Khalil Khalsi

  • Doctorant en cotutelle avec l’Université de Montréal (UdeM, Littérature comparée).
  • Chargé de cours au département de Littératures et Langues du monde, à l’Hiver 2016 (UdeM) : "Littérature et théories de la culture" (1er cycle).
  • Titulaire de l’Aide à la mobilité internationale des doctorants de la Région Île-de-France (2013), de la bourse d’excellence du département de Littérature comparée de l’UdeM (2014-2016) et de la bourse d’excellence "Arsène David" de la Faculté des Études supérieures et post-doctorales de l’UdeM (2015-2016).
  • Lauréat du prix 2016 "Recherche au Présent" pour la meilleure présentation soumise par un doctorant lors du Congrès international des Études françaises et francophones des XXe et XXIe siècles, à Saint Louis, Missouri.

Thèse : Rêve et errance. Pour une poétique de l'espace interstitiel. Gysin, Hedayat, Al Koni, Volodine.

Directeur(s) de thèse : Xavier Garnier, Simon Harel (Université de Montréal)

« Rêver », de l’ancien français esver : « errer », désigne la capacité imaginative qui, par un libre échange avec la part inconsciente du sujet, fait errer ce dernier hors de la conscience. Pensée de l’intermédiaire, le rêve est considéré par divers champs de connaissance comme une interface d’individuation. Il devient consubstantiel à l’errance lorsque le rêveur, acceptant ce dialogue intérieur — et s’exilant hors de la conscience normative —, part à la recherche d’expériences intérieures, quasi-mystiques (Bachelard). Durant cet itinéraire gouverné par la « pulsion d’errance » (Maffesoli), le rêveur-errant ne s’arrête qu’à des « relais » (Deleuze & Guattari), à des stations spatiales et/ou mentales, territoires de l’expérimentation laquelle, déjouant les truismes et les évidences, réassemble les symboles du réel dominant afin d’en produire un discours alternatif.
Mon hypothèse est que ces stations constituent des lieux imaginaux (Corbin), des « espaces interstitiels » (ou « interstitiums »), qui se créent entre les différents mondes que se représente le rêveur-errant, esquissant les possibilités autres du moi. De l’expérience de ces devenirs, le sujet se prend dans une fiction qui le questionne et tend à l’individuer en redéfinissant continuellement son rapport au monde.
Mon support d’étude sera constitué de fictions restituant des récits de ce type d’expériences interstitielles : Poussière d’or d’Ibrahim Al Koni, The Process de Brion Gysin, La Chouette aveugle de Sadegh Hedayat et Le Port intérieur d’Antoine Volodine. À partir de ce corpus transculturel contemporain, mon objectif est de conceptualiser l’interstitium où le rêveur-errant puise un potentiel de métamorphose. Il s’agit d’un laboratoire où résonner avec une conscience autre, ainsi que l’entend l’école de Genève, notamment par la pensée indéterminée (Poulet). Je propose alors que, selon la logique modale, le rêveur-errant entre en contact avec une infinité de « je » et mondes possibles (Pavel, M.-L. Ryan). Pour ce faire, l’Image onirique est à étudier comme interface d’objectivation-subjectivation, à valeur prophétique (Bachelard, Simondon), et l’interstitium à considérer comme un espace mental où le sujet fait l’expérience de sa propre multiplicité, de quoi paradoxalement consolider son rapport au monde par une subjectivité traversante et transversale.

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