Tonia RAUS

Chargée de cours associée à l’Université du Luxembourg / professeur de lycée.

Docteur de Paris 3 ("L’esprit nouveau en poésie") ; co-tutelle avec l’Université de Luxembourg.

Principales publications :

  • « "Une parenté retrouvée" : filiations fictionnelles entre Le Voyage d’hiver de Georges Perec et le Le Voyage d’hier de Jacques Roubaud », Biographie et Roman. Actes du colloque international de Metz (09-10/2010), Université de Lorraine, coll. « Recherches en littérature », 2012, p.213-226
  • « D’un déconditionnement l’autre : "ce qui se passe quand il ne se passe rien" chez Thomas Demand et Georges Perec », Cahiers Georges Perec, n°10 : Perec et l’art contemporain, sous la direction de J-L. Joly, Bordeaux, Le Castor Astral, 2010, p. 317-330
  • « Differdange, terres rouges ou l’ancrage identitaire chez Jean Portante », Mutations. Mémoires et perspectives du Bassin Minier, n°1 : « Terres Rouges. Approche interdisciplinaire et transnationale », sous la direction de M. Pauly, Fondation Bassin Minier, Esch/Alzette, 2010, p. 63-72
  • « La Visitation. Carnets pour un roman. L’écriture en abyme de Jean Sorrente », Claude D. Conter, G. Goetzinger (Hg.), Identitäts(de)konstruktionen. Neue Studien zur Luxemburgistik, Phi/Cnl, Luxemburg, 2008, p. 93-109

Thèse : La mise en abyme chez Georges Perec. Avec application des résultats théoriques à un corpus d'écrivains francophones luxembourgeois: Jean Portante et Jean Sorrente.

Directeurs Daniel Delbreil et Frank Wilhelm.

Thèse soutenue le 25 novembre 2010.

La présente thèse propose d’aborder l’œuvre perecquienne sous le prisme de la mise en abyme, procédé a priori éculé de la littérature du XXe siècle, dont l’efficacité narrative semble toutefois avoir séduit un écrivain préoccupé à la fois à fonder son écriture dans un système et à entretenir le plaisir de la fiction. En raison de l’aporie d’une apparition pure du procédé, le champ d’étude est élargi aux mouvements plus amples qu’il implique : l’inclusion et la répétition. Ces deux mouvements, qui stimulent une tension entre le tout et ses parties, peuvent également servir à décrire le geste d’écriture de Perec, profondément animé par une recherche d’adhésion au monde. Un horizon narratif spécifique se profile, complété de l’imaginaire du procédé en soi. D’une part, la mise en abyme est considérée dans sa proximité avec la dimension métatextuelle des récits, aux effets souvent métaleptiques. D’autre part, par la figurabilité du procédé, lui permettant d’agir comme sujet et objet d’une réflexion, l’écriture perecquienne est appréhendée dans sa plasticité. Enfin, cet horizon narratif est confronté à l’idée que Perec formule autour d’un possible « narratème », une unité narrative minimale qui contiendrait en germe un univers de fiction. L’effet local de la mise en abyme s’ouvre à la dynamique générale des récits, entre condensation et extension. Des seuils narratifs ou textuels émergent où se négocie l’inscription de l’auteur dans ses récits : raconter et se raconter. Outre le corpus perecquien, la pertinence de cet élargissement de la mise en abyme est vérifiée au sein des œuvres des écrivains francophones luxembourgeois : Jean Portante et Jean Sorrente.

Mots-clés :

  • Mise en abyme
  • Métatextualité
  • Narratologie
  • Figurabilité
  • Fiction