Yi-pei LEE

Doctorante Paris 3 (L’Esprit Nouveau en poésie)

Inscription en 2009. Directeur Daniel Delbreil.

Thèse : La Poétique du bizarre et de la surprise dans la prose d’imagination de Guillaume Apollinaire

Si Guillaume Apollinaire est aujourd’hui universellement reconnu comme l’un des plus grands poètes français du XXe siècle, l’auteur du « Pont Mirabeau » et des Calligrammes a cependant d’autres facettes littéraires moins connues du grand public : critique d’art et de littérature, chroniqueur, dramaturge, scénariste, romancier et conteur, et en dernier ressort hérésiarque, si l’on peut l’appeler ainsi, eu égard à sa vocation divine en tant qu’homme de poésie. Cette dépravation du poète, volontaire d’ailleurs, pourrait susciter quelques doutes chez un lecteur sceptique, sans parler de la réception des critiques contemporains, unanimes à qualifier les deux recueils de contes d’Apollinaire– L’Hérésiarque et Cie et Le Poète assassiné –d’entités bizarres et étonnantes. Cela signifie-t-il une malédiction pour la création de prose d’Apollinaire ? Pas tout à fait, puisque le théoricien de « l’Esprit nouveau » devait se réjouir d’une telle réception. Car pour lui, toute vérité nouvelle se confronte inévitablement avec la convention habituellement admise. D’où surgit la surprise, l’un des grands ressorts de l’esprit nouveau. Dans cette perspective, notre recherche va donc s’intéresser à l’aspect bizarre et peu connu de Guillaume Apollinaire, un prosateur-surprise. À travers ses articles journalistiques (en particulier les textes recueillis dans La Vie anecdotique et Le Flâneur des deux rives), son oeuvre de fiction (une soixantaine de contes et les oeuvres romanesques ou érotiques comme La Femme assise, Les Onze mille verges ou les amours d’un Hospodar et Les Exploits d’un jeune Don Juan) et aussi deux projets d’écriture inachevés (La Femme blanche des Hohenzollern et L’Abbé Maricotte), nous tenterons de savoir comment est construit l’ensemble de notre thématique étudiée (sous quelles formes ? dans quels contextes ? dans quel but ?) et comment le rôle premier d’Apollinaire – c’est-à-dire poète de l’esprit nouveau – concourt à une écriture très particulière dite « hybride » dans ses récits.