André Obey : un créateur dramatique complet Colloque

Organisateurs : Sophie Gaillard, Marie Sorel

Maison de la recherche de Paris 3, salle Claude Simon
4 rue des Irlandais 75005 Paris

Cette journée se propose d’éclairer les multiples facettes d’André Obey (1895-1972), dont l’œuvre, servie par les plus grands noms du théâtre français (Copeau, Barrault, Brook), est aujourd’hui tombée dans un semi-oubli. Pourtant classée au patrimoine littéraire français depuis 2011, la production d’Obey n’est plus éditée. Aucune monographie n’a été consacrée à cet écrivain, lauréat du Renaudot en 1928 et administrateur de la Comédie-Française de 1945 à 1947. (Le manque d’études sur cet auteur est mentionné dans Didier Alexandre, Michel Collot, Jeanyves Guérin, Michel Murat (dir.), La Traversée des thèses. Bilan de la recherche doctorale en littérature française du XXe siècle, PSN, 2004).
Il s’agira de rendre compte des multiples pratiques de ce polygraphe, qui est aussi traducteur et adaptateur (Sophocle, Shakespeare, Williams). Nous explorerons les sources d’inspiration éclectiques de celui que Copeau considère comme un un « créateur dramatique complet ». Nous accorderons également une attention particulière aux dynamiques de création collective dans la Compagnie des Quinze et au dialogue entre les arts (théâtre, musique et sport) chez ce champion d’un « art total ». La confrontation d’Obey à ses contemporains (Anouilh, Giraudoux, Montherlant…) offre un vaste sujet, qui permettra de réinscrire l’auteur dans son époque (l’actualisation des mythes et littérature sportive des années trente) mais aussi de faire ressortir le caractère pionnier de certaines de ses démarches. Comment expliquer l’infortune d’Obey dans la France d’après-guerre ? Lassitude du public, renouvellement théâtral des années cinquante, dissolution de l’auteur dans l’aventure collective du Vieux-Colombier : ces pistes, non exhaustives, seront examinées au cours de cette journée, qui sera aussi l’occasion de revenir sur l’écart entre la réception d’Obey en France et à l’étranger. A l’heure où l’hybridation des disciplines est au cœur des préoccupations des praticiens et des universitaires et où le sport et le culte du corps, champ investi par l’histoire culturelle, jouent un rôle central dans notre société, l’œuvre d’Obey mérite d’être relue pour voir comment elle peut résonner avec notre présent.

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