Figures historiques et mémoire(s) collective(s). De l’usage des héros en contexte colonial et postcolonial Journée d’étude

Organisateurs : Elara Bertho, Florent Piton

Université Paris 7
Site Olympe de Gouges - salle 870

Dans les romans, dans les chants, à la radio, au cinéma, ou même dans les séries télévisées ou sur internet, les figures héroïques constituent un thème privilégié des productions culturelles du contemporain. Dans quel régime d’historicité ces œuvres et ces récits s’inscrivent-ils ? De quels imaginaires collectifs sont-ils le reflet, et en retour, comment ces textes au sens large structurent-ils les représentations du passé ?

Cette journée d’études doctorales s’inscrit donc dans une perspective résolument transdisciplinaire (histoire, histoire de l’art, littérature, anthropologie…), et vise à éclairer l’articulation entre le récit historique et la construction identitaire. Prenant acte qu’il n’est de communautés qu’« imaginées » (Benedict Anderson), il s’agira d’analyser la part de rhétorique inhérente à ces imaginaires. Dès lors, l’enjeu est de démêler les relations qui se tissent entre mise en fiction, mémoire historique et représentations collectives. La question n’est pas de jauger le degré de véridicité de ces récits, mais plutôt de souligner l’efficacité pragmatique de leur pouvoir performatif ainsi que leur réinvestissement symbolique.

Nous nous intéresserons à des figures issues de sociétés coloniales et postcoloniales (Antilles, Afriques, Asie). Par figures, nous entendons les « héros nationaux », grands ancêtres ou pères de la nation, qu’il s’agisse par exemple de conquérants ou d’empereurs précoloniaux, de résistants à la colonisation, d’acteurs des indépendances, ou des « hommes – et des femmes – illustres » des sociétés postcoloniales. Les producteurs de cette mémoire en action sont pour le moins divers, depuis les hommes politiques et les leaders d’opinion, jusqu’aux acteurs subalternes, en passant par les artistes, les détenteurs des savoirs locaux, et les intellectuels. Dès lors, les discours eux-mêmes appartiennent à divers registres, tantôt officiels, tantôt informels, et font l’objet de différents usages et modes d’appropriation qui transcendent les catégories binaires de « populaire » et d’« élite ». Seront particulièrement appréciées les communications portant sur une figure particulière, ou sur un « panthéon mémoriel » dans un pays ou une région donnée. Les communications plus transversales ou théoriques, portant sur le lien entre la construction des discours historiques et les usages du passé, seront également examinées.

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