Jean Giono, le corps et ses habillages Colloque international

Organisateur : Alain Romestaing

SALLE BOURJAC et SALLE LAS VERGNAS
3, 4 et 5 juin 2009
SALLE BOURJAC
17 rue de la Sorbonne
75005 Paris
SALLE LAS VERGNAS
13 rue Santeuil
75005 Paris

SALLE BOURJAC (mercredi 3 juin et jeudi 4 juin)
17 rue de la Sorbonne
75005 Paris

SALLE LAS VERGNAS (vendredi 5 juin)
13 rue Santeuil
75005 Paris

Colloque organisé à l’Université Sorbonne Nouvelle - Paris 3 par l’équipe de recherche « Écritures de la modernité » - CNRS/Paris 3, avec le soutien du conseil scientifique de l’Université Paris 3, du conseil scientifique de l’Université Paris Descartes et de l’IUT Paris Descartes

Comité scientifique : Jacques Chabot (Université de Provence), Pierre Citron (Université Paris 3- UMR 7171), Jean-Yves Laurichesse (Université Toulouse-Le Mirail), Alain Romestaing (Université Paris Descartes-UMR 7171), Mireille Sacotte (Université Paris 3 - UMR 7171), Alain Schaffner (Université Paris 3-UMR 7171).

On peut relever dans l’oeuvre de Jean Giono un parti pris pour le corps "naturel" : cela va d’un goût marqué pour la nudité et le déshabillage (Le Chant du monde, Deux cavaliers de l’orage, Ennemonde) jusqu’à la présentation péjorative, inquiétante ou burlesque de l’usage des cosmétiques (Naissance de l’Odyssée, Jean le Bleu, Noé, Angelo), en passant par l’éloge du détachement par rapport à la tenue vestimentaire, celle-ci fût-elle au préalable choisie avec soin (Pour saluer Melville, Angelo). Giono commence par n’accorder qu’un piètre intérêt et une médiocre valeur à l’habillage (habillement et apprêt) de ses personnages, des paysans, des artisans, des pauvres souvent. Les corps dans leur sensualité, leur intensité, leur vérité, comptent davantage que les vêtements, parures, parfums et autres maquillages qui relèvent au mieux du détail symbolique ou social, au pire de la dénégation, de la tromperie, voire de la perversion.

Mais les oeuvres de transition et surtout Pour saluer Melville paraissent inverser la tendance. Herman s’entiche d’un certain caban qui lui fait retrouver sa peau de marin, puis de la toilette d’Adelina White, de ses gants en peau de Suède à sa jupe à crinoline, laquelle, bien ajustée, a quand même le mérite de faire sentir « dessous toute l’existence de la chair ». Bien d’autres considérations sur les jupes suivront dans l’oeuvre et on ne cessera, dans le cycle du Hussard aussi bien que dans les Chroniques romanesques, de parler amoureusement de bottes, redingotes, uniformes et autres moyens de paraître au mieux ou d’être mieux, c’est-à-dire « en accord », les vestes de peaux de moutons fabriquées avec amour par Pauline dans Angelo renouant à leur manière et dans une certaine mesure avec celle de Zulma dans Que ma joie demeure. Pourtant « les magnifiques redingotes de poult » hantées par la vieille Pauline servent moins à ces noces du corps et du costume qu’à une opération de substitution à laquelle jouent aussi, chacun à sa façon, Tringlot, Julie ou encore Mademoiselle dans la deuxième version de Dragoon

Après une journée d’étude consacrée en avril 2008 aux usages et significations des cosmétiques dans l’oeuvre de Jean Giono, le présent colloque propose donc d’approfondir la réflexion sur les jeux du naturel et de l’artifice autour du corps gionien.

Responsables : Alain Romestaing et Mireille Sacotte
Contacts : alainromestaing chez free.fr
dominique.simon chez univ-paris3.fr

MERCREDI 3 JUIN

 9h-12h15 -Ouverture du colloque

1. QUESTION DE TENUES : DES/HABILLAGES ET POSTURES EXISTENTIELLES

Président de séance : Denis Labouret

  • 9h 15 : Jean Arrouye (Université de Provence), "Habillage du corps et conduite égotiste de l’existence dans L’Iris de Suse".
  • 10h : Laurent Fourcaut (IUFM de Paris), "Vêtir le corps pour les aristocrates de l’âme : nécessité et vertu".
  • 10h 45 : Jean-Yves Laurichesse (Université de Toulouse – Le Mirail), "Choléra et désordre du vêtement dans Le Hussard sur le toit".
  • 11h 30 : Alain Schaffner (Université Sorbonne Nouvelle – Paris 3), "Costume et romanesque dans Angelo". 14h15-17h15

Président de séance : Jean-Yves Laurichesse

  • 14h15 : Julie Mallon (Largentière), "Déshabiller le Roi".
  • 15h : André-Alain Morello (Université du Sud – Toulon), « "Froid comme un Anglais" : Angelo dandy ? »
  • 15h 45 : Mireille Sacotte (Université Sorbonne Nouvelle – Paris 3), "Les ellipses corporelles".
  • 16h30 : Jacques Le Gall (IUT de Pau), "Corps et défroques dans Pour saluer Melville de Jean Giono".

JEUDI 4 JUIN

9h-12h15

Président de séance : Alain Schaffner

  • 9h15 : Alya Chelly-Zemni (Université de Sousse), "Corps pesants et corps légers dans Batailles dans la montagne de Jean Giono".
  • 10h : Alain Tissut (Clermont-Ferrand), "Tenues de combat dans l’oeuvre de Giono".

2.QUESTION D’APPARENCES : PARURES ET DEGUISEMENTS

  • 10h45 : Sylvie Vignes (Université Toulouse – Le Mirail), "Corps "inhabillables", parure et démesure".
  • 11h30 : Marie-Anne Arnaud-Toulouse (Dijon), "Des mains et des emblèmes".

14h15-16h30

Président de séance : Marie-Anne Arnaud-Toulouse

  • 14h15 : Elena Zamagni (Université de Provence), « Ce qui ne se voit pas est comme s’il n’était pas. »
  • 15h : André Not (Université de Provence), "Costumes et déguisements de la sorcière gionienne".
  • 15h 45 : Denis Labouret (Université Paris Sorbonne - Paris IV), "La barbe et le velours : le jeu des apparences dans Les Grands Chemins".

VENDREDI 5 JUIN

9h-12h15

3. QUESTION DE TISSUS : TEXTES ET HABILLAGES

Président de séance : Mireille Sacotte

  • 9h15 : Jacques Mény (Président des Amis de Jean Giono), « "Le costume a le beau rôle" : fonction du costume dans les films et scénarios de Giono ».
  • 10h : Jean-François Bourgain (IUFM de Rouen), "Les avatars de l’habillage dans Noé : composition et décomposition du personnage.
  • 10h45 : Krzysztof Jarosz (Université de Silésie), "De la corporalité synecdochique dans Noé de Jean Giono : du culturel à l’endocrinologique".
  • 11h30 : Alain Romestaing (IUT Paris Descartes), "Le corps dans les plis".