Présence et usages du mythe dans le roman français et francophone depuis les années 50 Colloque international

Organisateurs : Bruno Blanckeman, Marc Dambre, Alain Romestaing, Alain Schaffner

Maison de la recherche de Paris 3
4, rue des Irlandais
75005 Paris

Colloque international organisé par Marie-Hélène Boblet (CERACC, EA 4400, Université Sorbonne Nouvelle - Paris 3)

Dans un siècle réputé « désenchanté », rationaliste à l’excès, des romanciers aussi divers que Pierre Jean Jouve, Claude Louis-Combet, Henry Bauchau ou Sylvie Germain ont construit leur univers romanesque à partir de l’imaginaire mythique. Les sciences humaines (anthropologie, ethnologie), le développement de la psychanalyse et le développement herméneutique de la phénoménologie favorisèrent un développement narratif nourri par l’intégration d’une part d’irrationalité, et donc par la sympathie envers l’univers du mythe. Des emprunts aux fonds aussi bien païen que chrétien s’actualisent sous la forme de figures (Hécate, Œdipe, Antigone…) ou bien de scenarii mythiques (la lutte de Jacob avec l’ange, le regard de la Méduse, la tentation de l’inceste).

Loin toutefois de se réduire à une situation ou à un type, le mythe engage un mode d’élucidation et d’intelligence du monde. Dans Le Banquet, Socrate recourt à Diotime pour éclairer Eros. Or Eros, fils de Pénia et de Poros, est marqué par la pauvreté et par l’habileté. De Poros il tient l’art de l’expédient qui pallie l’indigence héritée de Pénia. Ce double marquage ne caractérise-t-il pas le rapport de complémentarité entre le discours (logos de Socrate) et le mythe (raconté par Diotime) ?

À la lumière de cette complémentarité, on pourra se demander si l’usage romanesque du mythe lui conserve, depuis la seconde moitié du XXe siècle, le statut, la place, et la fonction supplétive qu’il a dans Le Banquet, celle de suppléer au logos, de médiatiser et de subsumer une contradiction.

Programme

Jeudi 24 novembre, Maison de la Recherche, salle extérieure (9 h- 18 h)

Matin : Autour de l’œuvre de Henry Bauchau

  • 9h ouverture et accueil du colloque par M. Pierre Civil, M. Marc Dambre et M. Bruno Blanckeman
  • 9h15 Selila Mejri : « Œdipe sur la route de Henry Bauchau ou le mythe en marche » (Institut supérieur des langues de Tunis)
  • 9 h 45 Marie-Camille Tomasi : Henry Bauchau : vers une poétique de la variation. De Jacob à Thésée : parcours d’un imaginaire « en violence » (Université de Corse) Discussion et pause
  • 11h : Myriam Watthée Delmotte et Lambert Jérémy : « Henry Bauchau, écrivain mythobiographe ; enjeux littéraires et ethos auctorial » (Université de de Louvain)
  • 11h 30 : Jacques Poirier : « Romans minotauriens ou dédaléens (Butor, Perec, Bauchau, Viel) (Université de Bourgogne, CERACC) Discussion suivie du déjeuner

Après-midi : Autour de l’œuvre de Claude Louis-Combet

  • 14 h Stéphanie Boulard : « Fantasmes du mythe chez Claude Louis-Combet. Gorgô ou la transposition de la terreur » (Ivan Allen College, USA)
  • 14h 30 Alain Romestaing : Le miroir de Léda (Université Paris V)
  • 15 h Cécile Croce : Les corps de Méduse (Université Bordeaux III ; EA 4400) Discussion suivie d’une pause
  • 17 h : Conférence de Claude Louis-Combet : « L’écriture mythobiographique »

Vendredi 25 novembre, Maison de la Recherche, salle Claude Simon (9h- 18 h)

Matin : Le roman à l’épreuve du mythe

  • 9h Alain Schaffner : « Mélusine dans Les Fruits du Congo d’Alexandre Vialatte » (Université Paris III ; EA 4400)
  • 9h 30 Luisa Palazzo : « Mythe chevaleresque et prouesses du langage : Italo Calvino et Jacques Roubaud à la quête du roman » (Université Paris VII)
  • 10 h : Delphine Gachet : « L’altra Euridice d’Italo Calvino » (Université Bordeaux III) Discussion et pause
  • 11h15 : Isabelle Dangy : « Présence du mythe dans La vie mode d’emploi » (CERACC)
  • 11h 45 : Audrey Camus, Choir d’Eric Chevillard (College militaire royal du Canada) Après-midi : Figures thématiques et ouvertures herméneutiques
  • 14 h15 Arlette Bouloumié : « Renouvellement du mythe de l’ogre et ses variantes dans l’œuvre de Michel Tournier » (Université d’Angers)
  • 14 h 45 : Otilia Carmen Cojan : » De Kronos à Dionysos. La figure de l’ogre dans le roman de Jacques Chessex » (Université Alexandru Ioan Cuza, Iasi, Roumanie) Discussion et pause
  • 15 h 45 Anaïs Frantz : « Faire et défaire le mythe dans Les Guérillères de Monique Wittig » (EA 4400)
  • 16 h 15 Sylvain Desanti : « Le mythe, le mur… la plage : ouverture poétique et clôture mythologique dans l’œuvre de Christian Prigent » (Université de Chambéry) Discussion et pause
  • 17h 30 : Conférence de Mme Myriam Revault d’Allonnes : « Pensée prérationnelle et pensée du mythe » (E.P.H.E.)

Samedi 26, Maison de la Recherche, salle Claude Simon, 9h- 17h

Matin : Imaginaire chrétien et mythes bibliques

  • 9 h Jean-François Frackowiak « Ecrire dans les blancs de l’imaginaire chrétien : Douze années dans l’enfance du monde, ou l’évangile apocryphe de Philippe Le Guillou » (Université Paris III)
  • 9h 30 Asako Muraishi : « Les mythes bibliques dans l’œuvre de Marguerite Duras » (Université de Starsbourg)
  • 10h Lorine Bost, « Mythologies ursine et solsticiale dans Magnus de Sylvie Germain. Pour narrer l’inénarrable, une mythopoétique de la parole » (Université Paris Ouest, Nanterre) Discussion et pause
  • 11h30 Entretien avec Sylvie Germain Après-midi : Passage des frontières : mythe et interculturalité
  • 14 h Van Kelly : « Sols/seuils du mythe dans Ourania de Le Clézio : du besoin persistant de l’utopie mythique » (Université du Kansas, USA)
  • 14h30 : Jean-Yves Laurichesse, « Entre mémoire et mythe : Siom dans l’œuvre de Richard Millet » (Université de Toulouse)
  • 15h : Richard Golsan : « Les fictions de Michel Rio : mythologies porno-fascistes, anciennes et modernes » (TAMU, College Station, USA) Discussion et pause
  • 15h 45 Marie-Elaine Bourgeois : « La figure du trickster dans les romans québecois d’Yves Thériault : traces culturelles amérindiennes, entre profane et sacré » (Université de Toronto)
  • 16h15 Jean-Pierre Thomas : « Sylvain Trudel et la mythologie d’hier et de demain »

Discussion et clôture du colloque (Université York, Toronto)