A l’écoute des mouvements de la parole : Penser la mise en scène par la mise en voix, le cas de La Nuit juste avant les forêts, de Bernard-Marie Koltès, mise en scène par Nous N’irons Pas Plus Loin. forum APEF

Intervenant : Charlotte Guennoc

Aveiro (Portugal)

Il s’agira, à partir d’une enquête au sein de la compagnie de théâtre Nous N’irons Pas Plus Loin, de penser la notion de mouvement de la parole et son rapport à la voix dans ce qu’elle comporte et emporte du corps-langage. Cette contribution proposera une démarche épistémologique inverse pour interroger la voix à partir de son empirique. L’expérience, au sens de Dewey, artistique que l’on regardera de près, pour faire surgir dans le même temps la voix et une pensée de la voix, sera celle de la mise en voix et en scène de La Nuit juste avant les forêts. L’expérience artistique aura été conduite sur deux années, et la communication en montrera les différentes étapes pour tenter de circonscrire au plus près du poème les enjeux d’une mise en scène attentive au passage des voix. Il faudra interroger la manière dont les metteurs en scène et l’acteur se sont emparés de ce texte et ont fait un travail au plus près du rythme du poème, par le maintien vocal et une attention fine à chaque syllabe, et par la rupture d’avec la langue dite réaliste qui nous rend sourd à la force de la parole (« Casser la syntaxe, casser la langue, casser le vocabulaire, […] faire entendre des assonances, des dissonances, des rimes intérieures. Mais aussi et grâce à ça, faire entendre un peu de ce qui n’est pas dit » Régy). On verra alors que toute attention au langage et toute écoute qu’est une mise en scène et en voix opère autant de « réénonciations vives » (Martin).

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