Écrire le monde depuis l’Afrique Écrire et penser avec l’histoire à l’échelle du « monde » ?

Intervenants : Xavier Garnier, Claude Mouchard

Université Paris-Diderot. Salle Pierre Albouy

Pour de multiples raisons, écrire depuis l’Afrique n’est pas un acte neutre. Après plusieurs siècles de relations tourmentées avec le reste du monde, le continent africain s’impose aujourd’hui comme un épicentre incontournable de la littérature mondiale. Parce qu’ils sont aux prises avec une image de l’Afrique qui leur a été imposée dans les pires conditions, les écrivains de ce continent inventent une écriture en phase avec l’expérience des lieux et des gens, qui parle d’autant plus au monde qu’on l’a longtemps crue muette. Les littératures africaines, que les puissances coloniales, dans leur aveuglement impérial, pensaient pouvoir accoucher aux forceps, se révèlent depuis plusieurs décennies dans toute leur puissance de réévaluation de l’histoire du monde.

« Quand sonnera donc l’heure des littératures africaines ? » : c’est en 2002 qu’on avait pu lire cette question posée par Sami Tchak dans sa postface au livre de Boniface Mongo-Mboussa Désir d’Afrique, préfacé par Ahmadou Kourouma. Et il « Cela sera-t-il seulement possible alors que ces littératures sont de plus en plus l’oeuvre de réfugiés politiques et d’exilés économiques, confrontés à une marginalité multiforme ?

On abordera ces questions en présentant les deux volumes de la revue Po&sie Afriques 1 et Afriques 2, parus en 2016 et 2017, dont Claude Mouchard a été le maître d’œuvre, et l’actualité critique de Sony Labou Tansi, à laquelle Xavier Garnier, également contributeur dans ce numéro, a pris une part importante, avec Sony Labou Tansi. Une écriture de la décomposition impériale, Karthala, 2015.