Enjeux épiques de la représentation de la colonisation REARE (Réseau Euro-Africain de Recherches sur l’Epopée)

Intervenant : Elara Bertho

Institut National des Langues et Civilisations Orientales
2, rue de Lille, 75007

Il n’existe pas à proprement parler d’épopée constituée autour de la figure de Samori Touré, dont l’empire a résisté à la colonisation française et britannique des années 1880 jusqu’en 1898, puisque les textes qui lui sont consacrés demeurent relativement récents.
Ils forment néanmoins une constellation de récits – manuscrit ajami haoussa, récits historiques oraux en malinké, romans et pièces de théâtre en français, chants radiophoniques en malinké et en français –, marqués par un productivité et une vitalité remarquables, dont l’enjeu de la représentation du temps de référence, c’est-à-dire l’installation de la colonisation, par rapport au temps de production/performance des œuvres, majoritairement celui de la décolonisation et de ses suites, semble correspondre à ce que Florence Goyet nomme le « travail épique ».
Considérés en réseau, comme un ensemble de variations autour du même tropisme « Samori », ces textes manifestent d’un souci constamment renouvelé de description de la colonisation, dont l’objectif est également, et dans le même temps, de penser et de modéliser les bouleversements politiques, économiques, culturels, liés au processus de décolonisation. Il s’agira d’analyser les modalités de structuration de cette temporalité épique, autour du personnage de Samori, afin d’expliquer la fascination qu’il a exercé sur les producteurs et les publics, du début du XXe siècle à nos jours.