L’impact du "terrier" de Kafka à l’heure de l’anthropocène Survivre, revivre dans les lieux traumatisés

Intervenants : Elara Bertho, Alice Desquilbet , Xavier Garnier, Kevin Even

Saint Martin de Londres
Les Jardins du village
34380 Saint Martin de Londres

Lorsqu’il devient difficile ou impossible de vivre à la surface du globe, il reste la solution de creuser. Nous proposons de pister les avatars de l’animal creuseur de la nouvelle de Kafka dans quelques œuvres littéraires, pour en montrer le potentiel écopoétique en période de crise écologique. Qu’il creuse pour survivre (logique survivaliste) ou pour capitaliser (logique extractiviste), qu’il creuse pour faire rhizome (la galerie) ou pour s’enfouir (le trou), le creuseur est engagé dans un mouvement obstiné, pauvre en horizons et difficile à géolocaliser. L’entrée dissimulée du terrier de Kafka est une cicatrice mal refermée dans un territoire traumatisant où il est devenu impossible de construire un habitat sans être exposé au danger. Le terrier n’est pourtant pas un lieu hors du monde. On peut le voir au contraire comme un espace hyper-connecté où s’aiguisent les perceptions et les sensations. Par son travail souterrain, le creuseur ne gagne-t-il pas en résonance, ce qu’il perd en visibilité ? Aussi offre-t-il un nouvel angle de vue pour raconter ce qui se passe en surface et en modifier les modalités narratives.
On s’intéressera dans ce panel aux perspectives écopoétiques ouvertes par de telles constructions (Der Bau est le titre allemand de la nouvelle de Kafka) souterraines qui ne s’édifient pas sur le territoire, mais sous celui-ci. Nous proposons donc de suivre, en amont et en aval de Kafka, les mines de Jules Verne dans Les Indes noires mais aussi les terriers africains contemporains de Akim Bah, Sony Labou Tansi, Sinzo Aanza, Fiston Mwanza Mujila, et Kossi Efoui ou encore Kiruna, la mine lapone visitée par Mailys de Kerangal. Utopie troglodyte ou fosse exsangue, exploitation idéalisée ou pollution carbonique, ingénieur ou esprit frappeur, les associations antithétiques qui parcourent nos récits révèlent l’intrication d’imaginaires industriels et fantastiques qu’il faudra dénouer pour éclaircir le mystère de ces galeries à la fois dangereuses et protectrices. On tentera ainsi de relier ces différents terriers, afin d’éprouver la possibilité de les connecter pour construire des galeries littéraires. -

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