Sony Labou Tansi et la géopolitique des littératures francophones : la puissance des lieux Les après-midi littéraires de la francophonie

Intervenant : Xavier Garnier

Institut français de Moscou

Que l’on s’intéresse aux ancrages territoriaux des littératures francophones ou au contraire que l’on aborde ces corpus du point de vue des circulations transnationales, les questionnements géographiques viennent interférer dans l’abord critique des textes littéraires francophones. Je voudrais m’intéresser à la dimension « locale » des littératures francophones et à la façon dont celles-ci tirent de leur rapport aux lieux un dynamisme propre, qui est une force de résistance politique aux hégémonies culturelles. L’œuvre de l’écrivain congolais de Sony Labou Tansi tire sa dynamique politique d’un travail sur la puissance des lieux. Cet écrivain, qui est resté attaché au quartier de poto-poto à Brazzaville, est par excellence un écrivain de l’énonciation locale. En arrimant la langue française à des lieux précis, à tel ou tel endroit de l’Afrique, Sony Labou Tansi a la prétention d’exiger « d’autres centres du monde », dont la densité découlerait de l’expérience que l’on fait des lieux.