Entretien avec Sylvie Kande : Le poème comme geste Diacritik

Intervenant : Elara Bertho

Diacritik

Des gestes de mort et de vie, d’extrême tendresse et de violence inouïe, qui fissurent la surface lisse et bouleversent le temps dans sa course annoncée » : tel est le pari de Gestuaire, le nouveau recueil poétique de Sylvie Kandé. Offrir un espace pour collecter les différents gestes et comprendre ce que signifie l’aventure poétique, l’ambition est vaste.

L’auteure de Lagon, lagunes. Tableau de mémoire (Gallimard, 2000) et de La quête infinie de l’autre rive, Épopée en trois chants (Gallimard, 2011) signe ici son troisième recueil poétique, marqué par la violence du langage, les imaginaires coloniaux, et les aspirations à la liberté, notamment des marrons.

Puisant à de nombreuses sources d’inspiration – le jazz, le blues, le théâtre, l’archive et la mémoire de l’esclavage – ces poèmes narratifs explorent les imaginaires de la langue et la fabrique des imaginaires. Denses, concis, ces textes déploient sur la scène de la langue le théâtre des relations humaines, marqué dans le même temps et parfois de manière contradictoire, par l’amour et la haine, l’exploitation et le désir.

Dire le complexe, c’est l’une des gageures du recueil qui s’emploie à défaire les dichotomies et les oppositions binaires qui tiennent trop souvent lieu d’explication commode. Déconstruire le manichéisme, affronter ce que l’histoire dit du présent, casser l’évidence de la langue : ce sont de ces gestes dont sont faits les poèmes...
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