Un hommage de Paris à l’académicienne Assia Djebar, plus immortelle que jamais Le Soir d’Algérie

Intervenant : Mireille Calle-Gruber

Un an après sa disparition, Assia Djebar n’a pas pris une ride dans la mémoire de ses lectrices et lecteurs, qui sont venus nombreux, de France, d’Europe, et aussi d’Algérie, pour lui rendre hommage. C’est au « Petit Palais », haut lieu de la culture à deux pas des Champs-Élysées, que s’est déroulé cet hommage, sous la forme de tables rondes et de lectures de textes, avec un documentaire en apothéose. Cette journée du souvenir a été animée par Fadéla Mehal, présidente de la Commission Culture, patrimoine et mémoire du Conseil de Paris.
Pour entrer dans le vif du sujet, il n’y avait pas mieux que la voix de Taos Amrouche, la grande prêtresse des chants traditionnels de Kabylie. C’est ensuite, le comédien et auteur, Daniel Mesguich, qui a lu deux textes de l’écrivaine disparue, dont le premier est justement consacré à la cantatrice. Une entrée en matière idoine, pour accéder à l’univers et aux sources de la littérature d’Assia Djebar, et sur laquelle a rebondi la modératrice de la première table ronde, Mireille Calle Gruber. Cette dernière, qui est écrivaine et enseigne à la Sorbonne nouvelle, est l’auteure de plusieurs ouvrages sur Assia Djebar, dont elle a retracé la vie et l’œuvre, placées sou le signe de la cause des femmes.
Évoquant le milieu dans lequel Assia Djebar a grandi, Mme Calle-Gruber a affirmé que l’académicienne a toujours su la difficulté de prendre la parole lorsqu’on est une femme. "J’écris à force de me taire", a affirmé celle qui s’est inscrite très tôt dans le rapport ambivalent à la langue française, à la fois langue de la colonisation et langue de l’émancipation pour la jeune fille qu’elle était alors...

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