Critique de la critique entre Dada et Surréalisme. Du degré zéro de la critique à la réécriture de l’histoire littéraire Article - 2012

Marie-Paule Berranger

Marie-Paule Berranger, « Critique de la critique entre Dada et Surréalisme. Du degré zéro de la critique à la réécriture de l’histoire littéraire  », Revue des Sciences Humaines, 2012, /. ISSN 0035-2195

Résumé

Crise ", " état critique " : l’étymologie et les emplois médicaux du mot " critique " semblent des plus pertinents pour caractériser les stratégies des avant-gardes, au sortir de la guerre et après la disparition d’Apollinaire, en novembre 1918. C’est bien à une table rase de la littérature que convie Dada, et donc à une mise en crise de la critique -et du critique-, qui assurent son fonctionnement institutionnel. L’objectivité, l’analyse cadrée par les théories esthétiques et la démonstration rationnelle, le jugement motivé, les arguments esthétiques et historiques, sont démonnayés en même temps que la Raison. On assiste donc à une tentative de déplacement générique : la critique sera poétique, lyrique, polémique ou ne sera pas. Exit la rubrique critique qui favorise le placement institutionnel d’une revue dans le champ littéraire de son temps ; finie la prétention à l’objectivité, à l’impartialité, à la mesure, au bon goût (français) : la critique d’écrivain prend facilement valeur de manifeste et se fait arme de poing dans une guérilla qui opère des coups de main avec des méthodes d’apache. À moins qu’à l’opposé, elle n’inspire un poème en vers ou en prose qui, se laissant imprégner par l’œuvre, la parle rêveusement -ainsi de certains palets de Paul Éluard et Philippe Soupault. L’article analyse les formes nouvelles et les évolutions de la critique surréaliste, de la liste et de la page blanche au "Projet de bibliothèque" argumenté pour Jacques Doucet, en passant par la "critique synthétique" et le poème.

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