Dépaysement de l’aphorisme Ouvrage (y compris édition critique et traduction) - 1988

Marie-Paule Berranger

José Corti, 1988

Résumé

L’essai issu de la thèse montre qu’on a identifié le surréalisme à la production de textes ininterrompus, logorrhéïques, quand l’examen des revues, des recueils publiés, ou encore les récits de fondation des Manifestes montrent qu’il a aussi produit un grand nombre de phrases, d’énoncés partiels, des sentences, définitions, formes brèves réunies ici sous le terme « d’aphorisme » (ce dont se justifie la première partie). L’ouvrage étudie l’usage de la « petite phrase » à l’époque de Dada, étudiant son rôle dans la « sociabilité des avant-gardes » ; cela implique l’identification des allusions, l’établissement d’une chronologie de la circulation de ces énoncés elliptiques. À ces mises en perspective relevant de l’histoire et de la sociologie littéraire, succèdent des chapitres organisés autour de deux types de pratiques : « le jeu touchant » (Paulhan) et « l’un dans l’autre ». Le livre réunit un corpus important de textes alors dispersés et méconnus, pas toujours signés dans les revues (ainsi La Pléiade place dans les œuvres complètes d’ Éluard des aphorismes de Paulhan), et propose de lire attentivement ces textes généralement traités comme fantaisies in-signifiantes. La plupart du temps les aphorismes ludiques mettent en scène dans leur fonctionnement une lecture réflexive, métapoétique, et réactivent, en toute connaissance de cause, certaines théories illuministes ; ils doivent aussi beaucoup aux sémanticiens de leur temps et à la linguistique naissante, et je me suis attachée au rôle médiateur de Jean Paulhan en montrant notamment l’apport des travaux sur la contradiction de Frédéric Paulhan à la poétique de réécriture de Breton et Éluard. « Dépaysant » la phrase gnomique, une antique forme du savoir, l’aphorisme surréaliste continue à sa manière de conjuguer poésie et pensée.

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