Enargeia, akribeia : écrire "Les Disparus" dans le sillage d’Hérodote et de Thucydide [Enargeia, Akribeia : Writing The Lost in line with Herodotus and Thucydides] Article - 2018

Marie-Hélène Boblet

Marie-Hélène Boblet, « Enargeia, akribeia : écrire "Les Disparus" dans le sillage d’Hérodote et de Thucydide [Enargeia, Akribeia : Writing The Lost in line with Herodotus and Thucydides]  », Tangence, numéro spécial Expériences de lecteurs. La réception d’auteurs antiques à la croisée de l’histoire et de la littérature, 2018, pp. 93-106. ISSN 1189-4563

Dans Les disparus, Daniel Mendelsohn raconte la quête qu’il a menée pendant sept ans à travers le monde pour retrouver des traces de six membres de sa famille, « disparus » en 1942 en Galicie orientale. Pour reconstituer comment ils sont morts et surtout comment ils ont vécu, il se met à l’écoute des survivants de Bolechow. Pour raconter cela, il s’inspire de l’Enquête d’Hérodote, dont il admire la puissance narrative et l’enargeia, qu’il complète de la vérification optique (akribeia) qu’il retient de Thucydide. Un « narrateur de la troisième génération » doit à la fois faire parler les témoins, vérifier leurs propos et s’inquiéter de la transmissibilité de son histoire aux lecteurs de son récit.

In The Lost, Daniel Mendelsohn recounts his seven-year, worldwide quest to find traces of six family members “lost” in eastern Galicia in 1942. To reconstruct the narrative of their deaths and, above all, their lives, he listened to survivors of Bolechow. To tell his story, he draws inspiration from Herodotus’s work Inquiries, whose narrative power and enargeia he admires, complementing it with the eyewitness accuracy (akribeia) of Thucydides. A “third-generation narrator” must simultaneously get eyewitnesses to talk, verify their comments and consider how to convey his story to readers.

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