Expérimentation narrative et inscription du discours critique dans le roman-fleuve (Martin du Gard, Jules Romains, Duhamel) Chapitre d’ouvrage - 2015

Aude Leblond

in Marianne Bouchardon, Myriam Dufour-Maître (ed.), L’ombre dans l’œuvre : la critique dans l’œuvre littéraire, 2015, pp. 83-98

Résumé

Dans son élan inclusif, le roman-fleuve semble aller à l’encontre de ce que Gide fait définir à Édouard comme le « roman pur », c’est-à-dire une forme purgée de tous les éléments qui peuvent relever d’autres genres. Au contraire, le roman-fleuve charrie toutes les scories possibles, puisqu’il inclut des fragments de journal, des lettres, des scènes dialoguées avec didascalies, etc. Il est peuplé de personnages écrivains, artistes ou simplement doués d’une imagination fertile, à partir desquels se développe un ensemble de fictions au second degré. Je propose de considérer ces multiples fictions internes, ou fictions au deuxième degré, comme les traces de textes potentiels. La présence d’un de ces « textes possibles », souvent en contrepoint à l’intrigue, permet au texte de commenter sa propre fabrication en révélant ses choix narratifs. Il s’agit ici de considérer les textes possibles comme un accès à l’archéologie du texte. Le roman-fleuve est ainsi le lieu du développement de plusieurs fantômes ou potentialités du texte, à la fois exhibés et niés, du fait de leur caractère délimité. La présence des « ombres » correspond à la co-présence ou au dialogue subsistant entre plusieurs genres, imposant plusieurs directions ou plusieurs généricités possibles. Le roman-fleuve délimite peu à peu un répertoire générique propre, en exhibant les divers fantômes textuels qui n’ont pu y trouver place.

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