Forces, formes, Einfühlung. L’esthétique de l’espace de Theodor Lipps Article - 2017

Mildred Galland-Szymkowiak

Revue de Métaphysique et de Morale, numéro spécial Theodor Lipps 1, 2017, pp. 477-494. ISSN 0035-1571

La genèse du concept lippsien d’Einfühlung (dont le sens intersubjectif sera quant à lui central pour la confrontation de Husserl à la pensée de Lipps) remonte à l’élaboration de son sens esthétique, qui se construit dès 1891-1897 dans les recherches de Lipps sur les illusions d’optique et sur l’expérience perceptive et affective des formes spatiales simples (architecture, design, ornementation). L’article reconstruit les thèses essentielles de cette esthétique spatiale en les mettant en lien avec la conception lippsienne de la psychologie, du conscient et de l’inconscient, de la perception, du sentiment ou affect (Gefühl) et de l’Einfühlung. On soutient ici que dans l’expérience esthétique des formes spatiales telle que Lipps la conçoit, c’est l’espace humain lui-même et avec lui le moi spatialisant qui se structurent et s’éprouvent en orientations dynamiques et valences affectives.

The concept of Einfühlung in Lipps (which becomes central in Husserl’s discussion of Lippsian philosophy) has its source in the aesthetic theory developed by Lipps from the years 1891-1897 in order to explain the optical illusions as well as the perceptive and affective experience of simple spatial forms (like those used in architecture, industrial design, and ornaments). The aim of the present article is to reconstruct the main theses of this spatial aesthetics by showing its relation with the Lippsian concept of psychology, the conscious and unconscious, perception, feeling (Gefühl), and Einfühlung. I propose here that, in the aesthetic experience of spatial forms as conceived by Lipps, not only the forms but also the human space itself – and at the same time the spatializing I – is structured and experienced through dynamic orientations and affective valences.

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