Genèses du roman-fleuve : réduire le cycle à l’opus ? Article - 2016

Aude Leblond

Aude Leblond, « Genèses du roman-fleuve : réduire le cycle à l’opus ?  », Genesis (Manuscrits - Recherche - Invention), numéro spécial L’écriture du cycle, 2016, pp. 53-64. ISSN 1167-5101

Résumé

La temporalité du cycle est canalisée, voire mise en échec dans la genèse du roman-fleuve, qui fait apparaître une réduction de la série à l’opus. Pourtant, Martin du Gard met en scène, dans ses écrits intimes, la manière dont le temps narratif continue de déborder des limites d’un opus unique qui peine à l’endiguer. La logique cyclique, en effet, se lit dans les écrits personnels accompagnant les genèses successives des Thibault et de Maumort, et dans la mise en récit de la fabrique auctoriale. La logique interne de développement de l’œuvre reste proliférante. L’optimisme temporel du cycle, ainsi, s’il est contredit par une Histoire qui se présente comme un enchaînement aveugle de catastrophes, ressurgit dans la tentative reconduite de la construction des mondes fictionnels. Mais d’un roman-fleuve à l’autre, des Thibault à Maumort, la forme du cycle naturaliste a cédé la place à celle, dispersée et fragmentaire, d’un work in progress que Martin du Gard met sous le signe de Montaigne.

Voir la notice complète sur HAL