« La Grande Guerre des écrivains : "C’est fait d’hommes et de bêtes…" » Article - 2015

Alain Romestaing

Ethnozootechnie, numéro spécial Les Animaux dans la Grande Guerre., 2015, pp. 85-90.

Résumé

Des écrivains rendent compte de la présence animale dans la Grande Guerre, et non des moindres si l’on pense à Jean Giono, Louis-Ferdinand Céline, Maurice Genevoix, Henri Barbusse ou Roland Dorgelès, sans oublier Colette. Ils insistent sur la complexité du compagnonnage entre hommes et bêtes. Beaucoup soulignent la fraternité entre poilus de toutes espèces, mais la domestication garde son ambiguïté par temps de guerre : empathie et cruauté, instrumentalisation et reconnaissance de la subjectivité animale, fraternisation et rivalité pour survivre. Le point crucial est la souffrance partagée et le fort sentiment des soldats d’être réduits au rang d’un troupeau livré à l’abattoir. On partira donc du Grand Troupeau de Jean Giono parce qu’il s’ouvre précisément sur l’image presque fantastique d’une immense troupeau ovin, convoyé vers les cantines de l’armée et précurseur du sort des hommes. Mais la fraternité peu s’instaurer entre animaux humains et non humains dans ce grand troupeau promis au même destin. Une fraternité faite d’une telle attention aux bêtes qu’émerge ce qu’on pourra appeler avec Éric Baratay un "point de vue animal" sur la guerre.

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