Le sonnet à l’Oulipo, quand une forme fixe n’est plus une contrainte Article - Juin 2008

Camille Bloomfield

Formules, revue des littératures à contraintes, numéro spécial Le Sonnet contemporain – retours au sonnet, juin 2008. 〈http://www.formules.net/revue/12/index.htm〉

Résumé

« Toutes les formes fixes sont, par définition, oulipiennes. Plus oulipien que le sonnet, il n’y a guère. » Cette phrase de deux membres de l’Oulipo, Marcel Bénabou et Jacques Roubaud, à l’entrée « Forme fixe » de la liste de contraintes établie par eux, situe d’emblée la position centrale du sonnet au sein du groupe, et consacre ce dernier comme forme absolue de l’« oulipisme ». La formule est caractéristique d’une démarche typiquement oulipienne : l’absorption totale de formes classiques et leur labellisation « oulipiennes », comme de nombreux grands auteurs deviennent des « plagiaires par anticipation ». Non seulement les oulipiens ont une grande pratique du sonnet traditionnel, mais celle-ci s’accompagne aussi d’une réflexion créative sur la forme elle-même. Ainsi le sonnet, grâce à son « éternelle potentialité », s’accommode des deux orientations initiales du groupe : l’anoulipisme,-« travailler sur des oeuvres du passé pour y rechercher des possibilités qui dépassent souvent ce que les auteurs avaient soupçonné »-et le synthoulipisme – « vocation essentielle de l’Oulipo », « ouvrir de nouvelles voies inconnues de nos prédécesseurs ». Ces deux concepts sont utiles aujourd’hui encore pour mesurer la cohérence de l’un des groupes poétiques les plus fertiles du XX e siècle, quand il renouvelle cette forme ancienne, avec ses objectifs de départ. Quelques exemples montreront en quoi la pratique oulipienne du sonnet est révélatrice d’un rapport plus général à la contrainte.

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