Les enjeux épistémologiques des humanités numériques Article - 2015

Alexandre Gefen

Socio - La nouvelle revue des sciences sociales, 2015, pp. 61—74. ISSN 2266-3134. 〈http://socio.revues.org/1296〉

En sciences humaines comme en science dures, les numérisations massives des textes et des données produisent depuis plus d’une décennie des big data ou long data ouvrant des pistes de recherche novatrices. Mais les méthodes critiques qui les accompagnent ont des enjeux épistémologiques, institutionnels et pédagogiques considérables. Dans ce qu’on appelle désormais les « humanités numériques », la lecture à distance de corpus constitués par des cartes et graphes offre une forme spécifique de savoir et un paradigme méthodologique et épistémologique qu’il importe de saisir dans toute sa puissante heuristique, sans se laisser entraîner par l’idée naïve d’une production transparente de savoirs par moissonnage des corpus, masse de données qui restent des artéfacts muets en l’absence d’une herméneutique spécifique.

In the humanities, as in the “hard” sciences, for more than a decade now the massive digitalisation of texts and data has produced big data or long data opening up new opportunities for research. But the accompanying critical methods pose considerable epistemological, institutional and pedagogical issues. In what is now referred to as the “digital humanities” , the remote reading of a corpus constituted by maps and graphs provides a specific form of knowledge and a methodological and epistemological paradigm the heuristics of which must be grasped in all their potential. One must not allow oneself to be swept into the naïve belief that trawling a corpus of texts results in a transparent production of knowledge, a mass of data which remain silent artefacts in the absence of a specific hermeneutics

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