Mimer, Miner, Rimer : le cycle romanesque de Jacques Roubaud Préface de Bernard Magné, - Ouvrage (y compris édition critique et traduction) - Janvier 2006

Christophe Reig

Préface de Bernard Magné,, Rodopi-Brill, Faux Titre, 2006. ISBN 9042019786. 〈http://www.brill.com/cn/about/imprints/brill-rodopi〉

Écrite en dépit de radicales réticences vis-à-vis du genre romanesque, la trilogie d’Hortense conte avec une légèreté feinte les aventures romanesques d’une héroïne un peu « fleur(s) bleue(s) », entremêlées d’énigmes policières emmenées par les inspecteurs Blognard et Arapède. Privé de Poésie – parole selon lui essentiellement rythmique – par le deuil de sa jeune épouse, Roubaud reprend son souffle et fait diversion, poursuivant son œuvre avec une perpétuelle mise en jeu des codes de l’écriture. La confusion des niveaux narratifs, le travail de sape effectué par l’antitexte et l’intertexte signalent ainsi autant d’incursions en pays romanesque menées sur la frontière des genres par notre poète mathématicien et, de surcroît, oulipien. Car à travers ces anthologies, l’objectif consiste bien à mimer et miner les conventions inhérentes au roman, et les troquer contre une écriture réglée, rimante et surtout contrainte, dans le sillage de Queneau et de Perec. De sorte que ce cycle romanesque constitue un parcours de lecture dialogique et étagé, installé par un poète, amateur de sextines, devenu guide malicieux et sceptique de la « forme-roman ».

In spite of a radical reluctance against the novelistic genre, Roubaud’s trilogy intricates the wittingly romanesque adventures of an ingenuous beautiful heroin named Hortense with some detective plots lead by Blognard and his sidekick Arapède. In overall terms, the "Hortense Series" melts the flowers of romance with personal, collective and, above all, literary allusions of the eighties. Brimming with references and reverences as well, overflowed with intertextuality, these poet and mathematician’s novels mix calculated games and brilliant wordplays led by a self-avowed homo lisens. The trick is to mimic most of the novel’s conventions and simultaneously undermine – or mock – them with perpetual and distancing confusions between narrative levels, fictions of science, and oblique indications about the “work in progress”. But beyond puns and conundrums, as the author and the reader – as a detective – are getting part of the play, the aim is clearer and clearer : liable and poetic rules and regulations can deeply shape the novels as required, for Roubaud like oulipians, use self-imposed formal "constraints". Now, the most enjoyable reading lectures can begin.

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