Mimesis versus Graphê : le commis aux écritures, une figure problématique du récit naturaliste Chapitre d’ouvrage - Novembre 2013

Hélène Campaignolle

in Le Siècle du roman, Réalisme et Naturalisme dans la Fiction Dixneuvièmiste /O século do romance : realismo e naturalismo na ficção oitocentista, 2013

Résumé

Le terme d’écrivain désigne, depuis le XIIe siècle, « celui qui compose des livres » et qui est donc le « scribe de sa propre production » (lat. pop. Scribanem) à la différence du « scribe, du copiste ou du greffier » (scriba) qui recopie des productions d’autres personnes . Ces identités bien différenciées de l’écrivain et du greffier semblent se troubler au XIX e siècle alors que deux phénomènes émergent : d’une part, le « sacre de l’écrivain » que Paul Bénichou situe au tournant du XVIII e et du XIXe siècle et, d’autre part, l’instauration d’une société administrée par l’Etat et sa bureaucratie, qui génère une multitude de postes de rédacteurs, employés de bureau, secrétaires, greffiers, commis aux écritures. De ce deuxième phénomène, la littérature réaliste et naturaliste se fait d’autant mieux l’écho qu’il a permis à nombre de ses auteurs de survivre socialement. Afin de mieux comprendre l’enjeu d’une figure qui intéresse à la fois l’histoire littéraire et l’histoire sociale, on esquissera le tableau des relations qui unissent les écrivains et les employés de bureau au XIX e siècle, en comparant notamment les trajectoires professionnelles de Maupassant et Huysmans. Puis, on soulignera la place correspondante de l’employé de bureau dans les récits réalistes et naturalistes du XIX e siècle en se focalisant sur son renouvellement chez Maupassant et Huysmans. Enfin, on soulignera le statut ambigu du commis, ce personnage qui, a contrario de l’écrivain naturaliste, fétichise la graphê au détriment de la mimesis et s’impose à la fois comme l’anti-portrait de l’écrivain et son alter ego embarrassant.

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