Peut-on entendre Sarah Bernhardt ? Le piège des archives audio et le besoin de protocole Article - Mai 2013

Marie-Madeleine Mervant-Roux

Sociétés & Représentations, mai 2013, pp. 165-182.. ISSN 1262-2966

Archives et patrimoines visuels et sonores, numéro coordonné par Evelyne Cohen et Marie-France Chambat-Houillon

Résumé

Nous pouvons écouter des sons enregistrés dans le passé, mais nous ne pouvons prétendre que nous savons exactement ce qu’était l’audition à un moment ou en un lieu particulier du passé. À l’époque de la reproduction technologique, nous pouvons parfois faire l’expérience d’un passé audible, mais nous ne pouvons que présumer l’existence d’un passé auditif. " Ce constat formulé par Jonathan Sterne dans "The Audible Past", nous avons pu en vérifier la validité et l’importance au long d’une recherche internationale consacrée au " son du théâtre " étudié à partir des tout premiers enregistrements, à la fin du XIXe siècle. Les enseignements les plus riches nous sont venus d’un séminaire de formation spécifiquement dédié aux archives sonores et largement fondé sur des exercices d’écoute. Le premier des enseignements est que la plupart de ces archives laissent croire aux auditeurs qu’elles sont immédiatement audibles. Le meilleur exemple, le plus célèbre, est celui de la grande Sarah, dont les enregistrements de "Phèdre" ont été souvent commentés. Les chercheurs les plus avisés mettent leur déception (fréquente) sur le compte de l’appareil. En nous appuyant sur un corpus de phonogrammes théâtraux, nous nous intéresserons aux caractéristiques originales des documents audio, à leur double rapport intense et au passé et au présent, avant de proposer les règles d’une écoute historicisée.

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