Segalen et les synesthésies : une perception incommunicable ? Article - Août 2013

Aude Leblond

Aude Leblond, « Segalen et les synesthésies : une perception incommunicable ?  », Études de Langue et Littérature Françaises,, août 2013, pp. 115-128

Résumé

Les phénomènes de synesthésie ont fait l’objet d’une fascination et d’une perplexité égales à la fin du 19e siècle, tant auprès des médecins que des artistes. Bien que documentées par de nombreux cas cliniques, elles n’ont tout d’abord pas donné lieu à une approche scientifique décisive, du fait de leur diversité irréductible. Depuis les années 80, la question des synesthésies est réexplorée par les neurosciences, qui ont établi à la fois la fréquence de ce phénomène neurologique et l’idiosyncrasie des synesthésies. Poussé à la fois par sa propre expérience de synesthète et par sa vocation médicale, Segalen avait tenté d’éclairer le phénomène, dans un article de jeunesse intitulé « Les synesthésies et l’école symboliste » (1902). Ce texte s’avère très précurseur par rapport aux apports actuels des neurosciences. Mais son intérêt principal, peut-être, est de prendre les synesthésies comme un défi pour l’artiste, compte tenu de leur caractère incommunicable. Segalen suggère ainsi d’en faire une figure de style : la mise en œuvre de cette nouvelle figure, d’Orphée-Roi à Thibet, montre différentes manières de transposer la synesthésie pour la faire partager malgré tout au lecteur.

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