Suzanne Voilquin, comment être saint-simonienne sans le dire ? Chapitre d’ouvrage - 2012

Sarga Moussa

in Le mouvement saint-simonien de Sorèze à l’Égypte, 2012, pp. 112-119

Résumé

Née en 1801 à Paris, fille d’un chapelier, Suzanne Monnier travaille d’abord comme brodeuse, avant d’épouser un maçon, Eugène Voilquin, en 1825. Rejoignant en 1830 le mouvement saint-simonien, le couple se sépare en 1833. Le mari émigre alors en Louisiane avec une nouvelle compagne. C’est une péride particulièrement difficile pour Suzanne Voilquin, mais aussi pour l’ensemble des saint-simoniens, dont les principaux responsables sont en prison, après avoir tenté de vivre, l’espace de quelques mois, en 1832, une petite utopie libertaire et collectiviste à Ménilmontant. Mais ce temps d’épreuves fut aussi riche d’enseignements et de transformations. Ainsi Suzanne Voilquin s’était-elle engagée dans l’édition du journal "La Femme libre", devenu "La Tribune des Femmes". C’est le signe d’une soudaine promotion sociale pour l’ancienne ouvrière devenue une " intellectuelle ", donnant voix à un féminisme émergent que le " Père " Enfantin, chef des saint-simoniens, aura tout à la fois favorisé, dans un premier temps, puis empêché d’éclore en refusant aux femmes d’accéder aux premiers cercles du pouvoir dans la hiérarchie saint-simonienne. Elle travaille comme journaliste jusqu’en 1834, année où elle part pour l’Égypte, après Barrault et Enfantin, libérés l’année précédente. Avant de s’embarquer à Marseille, elle accomplit un voyage à travers la France, ponctué de " stations " saint-simoniennes, parmi lesquelles Sorèze, où elle est accueillie chez le couple Lemonnier. Elle conserve de cette halte dans le Midi un souvenir ébloui, qu’elle consignera, sur le tard, dans ses "Souvenirs d’une fille du peuple" (1866).

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