Un Oulipo potentiel : quand Queneau corrige Bens Article - Février 2010

Camille Bloomfield

Camille Bloomfield, « Un Oulipo potentiel : quand Queneau corrige Bens  », Les Amis de Valentin Brû, numéro spécial Ouvroirs, février 2010, pp. 43-56

Résumé

Le livre de Jacques Bens, Oulipo - 1960-1963, publié chez Christian Bourgois en 1980, est un outil précieux pour les historiens de la littérature, car il éclaire de façon très précise la façon dont des littéraires et des scientifiques ont pu mettre en place progressivement les fondements de cette institution qu’est aujourd’hui l’Oulipo. On y apprend aussi quel a été le rôle de chacun dans cette construction, notamment celui de Raymond Queneau. L’ouvrage, récemment réédité par Jacques Duchateau au Castor Astral (2005), a influencé durablement la réception de l’Oulipo, contribuant à donner de ses membres l’image de joyeux érudits, amateurs de bonne chère comme de bons mots. Cette réputation semble être due, entre autres, aux choix d’écriture de l’auteur, Jacques Bens, qui n’hésite pas à rappeler des détails des repas autour desquels se font les réunions mensuelles, ou à rapporter les plaisanteries – plus ou moins fines – des uns et des autres. Grâce à lui, le lecteur se fait véritable voyeur, témoin de moments à la fois historiques et intimes de la vie du groupe. Or, l’ouvrage que nous avons entre les mains aujourd’hui n’est pas celui que souhaitait voir paraître Raymond Queneau : nombre de ses corrections n’ont pas été respectées par Bens... Une analyse génétique des différentes versions du livre, à partir des archives du fonds Bens et du fonds Oulipo, permet de voir quel rôle exact a été joué par Queneau dans ce projet.

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