Un voyage dans l’’Itinéraire’. Lamartine contradicteur de Chateaubriand. Article - Avril 2008

Sarga Moussa

Bulletin de la Société Chateaubriand, avril 2008, P. 81-90

Résumé

Accomplissant le traditionnel tour du bassin oriental de la Méditerranée en 1832-1833, Lamartine, poète déjà célèbre et homme politique en devenir, marche sur les traces de Chateaubriand. De nombreuses prises de position de l’auteur du "Voyage en Orient" (1835), souvent implicitement critiques à l’égard de celui de l’"Itinéraire", s’expliquent par le désir de se démarquer d’un "père" encombrant. Alors les Turcs sont systématiquement dépréciés chez Chateaubriand (ils incarnent le "despotisme oriental", du haut en bas de l’échelle sociale), chez Lamartine, ils constituent au contraire un peuple pieux et charitable, digne d’admiration. Tandis que Jérusalem, pour le premier, constituait le point culminant d’un pèlerinages qui ne faisait que confirmer la supériorité déjà proclamée de la religion chrétienne, pour le second, la même visite du Saint-Sépulcre engendrait un doute profond concernant sa foi et une prise de distance face à l’Eglise romaine. Cette intertextualité insistante révèle du même coup une particularité du récit de voyage comme genre : alors même que celui-ci repose en principe sur une poétique réaliste (dire ce qui est vu), il fait constamment appel à des médiations littéraires, en particulier à d’autres récits de voyageurs, que ce soit pour en tirer parti ou pour les contester.

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