Voyageurs occidentaux à Héliopolis et à Matarieh Article - 2010

Sarga Moussa

Héliopolis, 2010, pp. 74-79

Résumé

Situé à une dizaine de kilomètres au nord-est du Caire, près du site de l’ancienne Héliopolis, Matarieh a été, du début de l’ère chrétienne jusqu’au XIXe siècle, un lieu de pèlerinage pour nombre de voyageurs occidentaux. Cette tradition s’appuie sur l’Évangile apocryphe de l’enfance du Seigneur, dont les pèlerins rappellent la teneur dans leurs récits : lors de la Fuite en Égypte, la Vierge se serait arrêtée avec Joseph et Jésus à Matarieh (orthographié aussi Mataré, ou Matarée, ou Mataria) ; cherchant à échapper à des voleurs (identifiés parfois aux deux larrons), Marie aurait trouvé refuge dans le tronc d’un sycomore, qui se serait ouvert pour la cacher, elle et sa famille ; une source aurait ensuite jailli de cet endroit, où la Vierge aurait lavé les langes de son enfant ; cette même source aurait irrigué un jardin rempli de baumiers, un arbre dont la sève (le " baume ") était réputée pour dégager une odeur délicieuse et soigner toutes sortes de maladies. Le site de l’ancienne Héliopolis, la " ville du Soleil ", était célèbre pour le culte rendu au dieu Rê, mais aussi pour avoir accueilli d’illustres visiteurs étrangers, dont Hérodote, Platon, Strabon... La plupart des voyageurs observent qu’il ne reste plus aucun vestige de cette ville, si ce n’est un obélisque, érigé par Sésostris 1er (XIIe dynastie, vers 2000 av. J.-C.). Dès lors, même lorsque croît l’intérêt pour l’Égypte pharaonique, à la suite de l’expédition de Bonaparte, c’est d’abord Matarieh qui suscite en premier la curiosité des pèlerins. Il s’agit là d’une étape particulièrement importante, bien qu’elle ne soit pas la seule, puisqu’elle s’inscrit le plus souvent dans un itinéraire qui comporte plusieurs sites chrétiens, que ce soit en Égypte (notamment l’Église d’Abou Sarga, dans le quartier copte du Caire, et le monastère de Sainte-Catherine, au Sinaï), ou en Terre Sainte.

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