La voix d’un texte : Senghor Lecture commentée de poèmes de Léopold Sedar Senghor

Intervenants : Xavier Garnier, Étienne Minoungou (fondateur du festival des Récréâtrales), Simon Winsé (multi-instrumentiste)

Salle Dussane
École Normale Supérieure
45 rue d’Ulm
75005 PARIS

Étienne Minoungou lit L.S. Senghor

commenté par Xavier Garnier avec l’accompagnement musical de Simon Winsé

À trop lire ce que Léopold Sédar Senghor a pu écrire sur la négritude on en vient à mal évaluer l’impact actuel de sa poésie, dans un continent où la référence au monde noir a été captée par d’inquiétantes idéologies afrocentristes. Il y a – comment ne pas s’en douter ! – dans la poésie de Senghor une dynamique qui excède « l’ensemble des valeurs culturelles du monde noir ». Senghor ne serait pas poète si le carcan culturaliste l’avait emporté et, pour autant, la culture – celle qu’il reconnaît au monde noir – est une donne incontournable de sa démarche poétique. Comprendre la postérité poétique de Senghor, c’est porter notre regard sur ce qui excède la négritude, ce qui la déborde par un flux qui n’aurait pas existé sans elle.
Notre hypothèse est que lyrisme senghorien est d’abord un vertige. C’est depuis l’expérience de ce vertige que Senghor peut proclamer les valeurs culturelles du monde noir, sur lesquelles il fonde son projet politique. Les traces d’une poétique de la négritude, que l’on cherche souvent chez les épigones de Senghor, sont certes objectivables mais ne permettent pas de rendre compte de l’ampleur du partage d’expérience auquel cette poésie nous invite. L’ « ambassadeur du monde noir » qu’est devenu Senghor est un point d’aboutissement d’un élan lyrique qui charrie mots, images, formes culturelles et leur ouvre un avenir.

Organisé par Adèle Payen de la Garanderie et Guillaume Frecaut
Entrée gratuite, réservation conseillée à l’adresse : lavoixduntexte chez gmail.com