Dynamiques interculturelles

Responsables : Laetitia Zecchini, Sarga Moussa

Ce nouvel axe, dans le cadre du Projet 2019-2023 de l’UMR THALIM, permet de fédérer le pôle 3 « Transculturalités » de l’ancienne équipe interne Écritures de la modernité et le pôle 3 « Transferts culturels dans les arts et la littérature » de l’ancienne équipe interne ARIAS.

Il apparaît qu’au-delà de telle ou telle spécificité liée à l’une ou à l’autre de ces deux ex-équipes internes (littératures française et francophone pour Écritures de la modernité, intermédialité artistique et littératures de langue anglaise pour ARIAS), de nombreux points communs se dégagent entre les deux équipes en question, notamment une même conception de la littérature et des arts considérés comme parties prenantes de cultures géographiquement et historiquement situées, cultures elles-mêmes déjà conçues comme plurielles, perméables, en perpétuelle réinvention. Ces processus sont à la fois au fondement des pratiques littéraires et artistiques, mais aussi de « la » modernité qui, depuis le XIXe, peut être conçue comme le résultat d’une accélération d’emprunts, de traductions, de circulations et de transactions entre formes, langues et héritages multiples.

Les chercheurs et enseignants-chercheurs de cet axe, qui se caractérise par le caractère international ou transnational de nombreux objets d’études et de recherche (avec et entre la Russie et les ex-républiques soviétiques, les États-Unis, le Canada, l’Allemagne, l’Inde, l’Asie du Sud et du Sud-Est, l’Égypte, l’Afrique subsaharienne, l’Amérique Latine, la Nouvelle-Zélande, etc) s’intéressent à l’interculturalité au sens large, impliquant tout à la fois des phénomènes de transculturalités à l’intérieur d’une même culture et des transferts culturels qui résultent de la mise en contact de cultures différentes.

Leurs travaux portent sur la question des mobilités ou des migrations sous toutes ses formes (y compris métaphoriques : ce sont aussi des idées et des formes qui migrent et se recomposent), sur les phénomènes de traductions, d’hybridations (conséquence évidente des circulations et des échanges culturels), mais aussi de re-sémantisation qui sont à l’œuvre. Ils mettent l’accent sur une vision globale ou décentrée de la littérature et des arts, considérés comme des lieux possibles d’émergence mais aussi de contestation de catégories comme celles d’universalisme et de mondialisation.

La « pensée postcoloniale » entendue comme registre de questionnement critique et produit dialectique de l’interdépendance entre cultures et histoires occidentales et non-occidentales est l’une des dimensions importantes de cet axe, tout comme la traduction (comme pratique et comme poétique). De nombreux chercheurs de l’UMR font eux-mêmes des traductions (du russe, de l’allemand, de l’anglais, etc.), et s’intéressent également aux transferts linguistiques, au multilinguisme, et à la traduction comme pratique de réinvention

Depuis 2011, et dans le cadre du labex « TransferS » (qui se prolonge à partir de 2018 dans l’EUR « Transliterrae »), de nombreux chercheurs de l’unité ont pu explorer ces notions de « transfert culturel » et « d’esthétique de la translation » dans le champ spécifique des arts et de la littérature

Actuellement, le séminaire « Penser d’ailleurs », qui se tient une fois par mois à l’Université Paris 3 – Sorbonne Nouvelle, et fait l’objet d’un carnet de recherche sur hypothèses.org, réunit des chercheurs de l’UMR et des chercheurs extérieurs à THALIM autour de présentations de textes théoriques appartenant à des horizons disciplinaires, géographiques et culturels divers, voulant contribuer à alimenter une approche réellement décentrée et interdisciplinaire de la littérature et des arts. Concrètement, et parmi d’autres exemples de séminaires, l’UMR THALIM a également tenu pendant deux ans (entre 2014 et 2016) un séminaire mensuel de recherche à l’ENS portant sur « Littérature et cosmopolitisme », et elle organise depuis 2018, en lien avec des comparatistes de l’EA CERC (Paris 3) et l’EA CELIS (Unniversité de Clermont-Auvergne), un séminaire de recherche mensuel intitulé « Hors frontières. Écritures du déplacement dans une perspective mondiale ».

Puisque les aires culturelles couvertes par les recherches menées à l’UMR THALIM concernent tous les continents, la littérature française des XIXe au XXIe siècle, qui constitue l’un des points forts du laboratoire, a tout à gagner à s’insérer dans cette perspective interculturelle, laquelle devrait contribuer à une recherche novatrice, désenclavée, à la frontière des disciplines.

Cet axe s’élabore nécessairement en lien étroit avec les axes « Approches historiques des modernité littéraires et artistiques » ; « politiques des littératures et des arts : enjeux et situations », mais aussi « disciplines et frontières disciplinaires ».

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