La lettre et la ligne Cycle de conférences CEEI-THALIM “2018-2019”

Organisateurs : Hélène Campaignolle-Catel, Marianne Simon-Oikawa, CEEI

Le Cycle de conférences CEEI-THALIM se tient pour la 3e année dans les murs de l’INHA. Organisé en 2018-2019 par Hélène Campaignolle-Catel et Marianne Simon-Oikawa, il vise à développer une réflexion sur les formes matérielles de l’écriture, dans la lignée des réflexions menées au Centre d’étude de l’écriture et de l’image créé par Anne-Marie Christin en 1982. Comme les années précédentes, le cycle sollicitera le réseau du CEEI, les chercheurs associés de Thalim et des intervenants extérieurs, dans une configuration interdisciplinaire et ouverte aux formes non occidentales de l’écrit. Chaque séance sera l’occasion d’une présentation permettant d’interroger l’articulation entre signes et supports de l’écrit (épigraphique, manuscrit, typographique, calligraphique, etc.) et sera suivie d’une discussion collective.

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Séances du séminaire

Séance(s) passée(s)

  • Pascale Elbaz (ISIT) : La ligne dans les premiers écrits de Liu Haisu劉海粟 (1896-1994) Concept, terme, image

    Liu Haisu 劉海粟 (1896-1994), en amoureux de la peinture occidentale et attaché à la tradition orientale de l’encre, chercha toute sa vie l’intégration des techniques, des pensées et de la terminologie esthétiques des deux traditions picturales. Afin de présenter au public chinois les œuvres occidentales, il intègra un certain nombre de termes à son vocabulaire et notamment le terme « 線 xian [ligne] », qui n’existait pas jusqu’alors dans cette acception dans la langue chinoise, délaissant par là-même le vocabulaire utilisé traditionnellement pour apprécier une œuvre à l’encre. En important le terme « ligne », qui correspondait en Europe à des concepts multiples à la signification controversée, le peintre importa également la diversité de ces concepts et les controverses de toutes natures qui les entouraient. A quoi correspondaient visuellement la ligne vivante et la ligne plate, la ligne de saillie et la ligne géométrique ? Comment le peintre choisit-il telle ligne plutôt que telle autre comme modèle et référent ? Parvint-il ensuite à utiliser ce terme pour qualifier les peintures à l’encre ? Quelle correspondance établit-il entre la ligne peinte occidentale et le trait de pinceau chinois ? Ces questions sont d’autant plus importantes qu’elles concernent un des fondateurs de la peinture moderne chinoise qui eut un immense impact sur les peintres des générations suivantes et sur la reconnaissance de l’existence de la peinture chinoise en Europe. Ces questions sont transversales et lient la problématique de la naissance du vocabulaire moderne en Asie orientale à celle des influences croisées de l’art de l’Europe, de la Chine et du Japon. Nous nous appuierons sur les écrits que Liu Haisu publia dans la revue Dongfang zazhi 东方杂志 entre 1925 et 1937, années au cours desquels il effectua deux longs séjours en Europe.

    INHA, salle Mariette
    6 rue des Petits Champs, 75002 Paris

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