Révolution ou transposition ? Les patrimoines numérisés au prisme de leurs utilisations

Organisateur : Michel Bernard

Encouragée à l’échelle mondiale par les acteurs institutionnels et politiques, permise par ce qu’on appelle trop volontiers une « révolution » numérique et par la mutation des supports qui lui est associée, une numérisation du patrimoine et des contenus culturels est en cours. Bibliothèques, musées, éditeurs, producteurs s’appliquent à proposer des versions numériques de leurs œuvres et contenus, consultables désormais sur des appareils électroniques.
Face à cette numérisation massive et volontariste, le réseau UDPN se propose d’examiner les évolutions qu’elle engendre dans les pratiques et les représentations. La première année de ce séminaire doctoral sera l’occasion de s’interroger, dans le contexte actuel de numérisation des contenus culturels, sur les anciens et nouveaux utilisateurs, sur leurs pratiques et les conséquences de celles-ci. En abordant différents domaines traditionnels du patrimoine (littérature, musique, pédagogie, audiovisuel, art), il s’agira de mettre en question l’évolution – et sans doute observer la remise en cause - des notions de patrimoine, d’usage, de valeur, d’archive voire de numérisation.

Cette étude se développe selon trois axes principaux : les acteurs, les moyens et les conséquences, en se proposant ainsi d’aborder des questionnements aussi divers que féconds.

Les acteurs

On s’attachera moins aux opérateurs économiques et aux acteurs politiques qui visent la promotion et l’industrialisation d’un secteur du « numérique » qu’aux individus et aux collectifs acteurs de la procédure de numérisation d’objets culturels au sein de leurs pratiques. Novices curieux, chercheurs immergés, amateurs passionnés, artistes ? Qui sont les lecteurs, auditeurs, spectateurs, manipulateurs des contenus culturels numérisés et quels usages font-il de ces nouveaux formats ? Qui profite des contenus en libre accès et de quelle manière ? À l’inverse, qui sont ceux qui n’ont pas accès ou ne consultent pas (ou plus) les objets numérisés ? Quelles instances, quels modèles pour classer, hiérarchiser, rationaliser, structurer et mettre en relation cette masse écrasante de données ?

Les moyens

Depuis plusieurs décennies, un certain nombre de recherches ont permis de décrire des pratiques de consommation culturelle sur écran en les inscrivant dans une tension entre la transposition de pratiques précédentes, les mutations de leurs conditions et la pluralisation de la perception des objets culturels. Voyons-nous le même film de la même façon lors d’une projection cinématographique ou sur un écran d’ordinateur ? Lisons-nous le même livre sur papier ou sur liseuse ? Écoutons-nous la même musique sur un tourne-disque ou sur un i-pod ? Quels effets sur nos représentations de cette – apparente – disponibilité immédiate de tout le savoir du monde ?

Les conséquences

Peut-on parler d’un changement de paradigme ? Quelles sont les conséquences de la mise en accès des patrimoines numérisés sur les comportements et les habitudes culturelles ? sur les processus de transmission, sur les pratiques de formation et d’enseignement ? sur les politiques et les fonctionnements institutionnels ? Il s’agira, aussi, d’interroger la pratique des chercheurs, en considérant les impacts du numérique sur leurs méthodes et sur leurs résultats ? Enfin, quelle influence en retour sur les contenus eux-mêmes ?

http://udpn.fr/spip.php?article94

Séances du séminaire

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