La transmission des valeurs dans les romans pour la jeunesse sur l’Afrique subsaharienne (France, Allemagne, 1991-2010). Les pièges de la bonne intention. Elodie Malanda, Soutenance de thèse

Directeur(s) de thèse : Xavier Garnier

Maison de la Recherche de la Sorbonne Nouvelle
4, Rue des Irlandais, 75005, Salle "Athena"

Des récits de voyage aux romans coloniaux européens, l’Afrique subsaharienne a souvent servi à affirmer les valeurs européennes, davantage qu’à montrer les réalités africaines. Quelles valeurs se dégagent alors du discours sur l’Afrique subsaharienne véhiculé dans les romans pour la jeunesse parus en France et en Allemagne entre 1991 – fin de l’apartheid – et 2010 – cinquantième anniversaire des indépendances ? Quels regards portent ces romans sur l’Afrique subsaharienne ? Et quelles images de l’Europe et des Européens transparaissent à travers ces images de l’Afrique ? De nombreuses études insistent sur la pérennité de l’imaginaire colonialiste dans les productions culturelles européennes. Ce travail prend le parti de montrer dans quelle mesure il existe, dans bon nombre de ces romans pour la jeunesse, une volonté de prendre ses distances avec l’héritage colonialiste, voire à le dénoncer et à favoriser l’entente interculturelle entre Européens et Africains qui passe, entre autres, par une sensibilisation aux problèmes socio-économiques de l’Afrique. Or, ces « bonnes intentions » se heurtent régulièrement à des limites et à des paradoxes. Cela donne lieu à un écart entre les valeurs explicitement défendues par le texte et d’autres valeurs, moins avouables, que les textes véhiculent involontairement. À travers un corpus de plus de 120 romans pour la jeunesse sur l’Afrique subsaharienne parus en France et en Allemagne, ce travail identifie les manifestations narratologiques de cet écart et explore des pistes possibles pour le réduire.