Souad Zaied Akrout. La traversée du miroir : Le théâtre de Giraudoux, écritures et théâtralité Soutenance de thèse

Directeur(s) de thèse : Jeanyves Guérin

Maison de la Recherche de Paris 3 - Salle Claude Simon
4, rue des Irlandais 75005 Paris

L’écriture théâtrale de Giraudoux est une traversée du miroir. Elle donne à l’évanescence du reflet les contours définis d’une réalité nouvelle. Il suffit d’ailleurs de situer l’œuvre de Giraudoux dans son contexte historique et littéraire et de se débarrasser de l’image convenue d’un écrivain précieux pour apprécier toute la modernité du texte. Car c’est au cœur même de cette pratique du langage dramatique qu’éclate avec le plus de force la particularité de Giraudoux. En apportant au théâtre la force incantatoire d’une langue littéraire, l’auteur affirme son refus du prosaïque. Notre problématique s’inscrit dans une optique de création et d’agencement, le théâtre est un art de la composition. L’auteur dramatique compose avec les différents éléments de l’écriture théâtrale : le langage, la construction du personnage, le temps, l’espace ou encore les différents impératifs du système dramatique. Par ailleurs, le succès de Giraudoux doit beaucoup au talent de Jouvet qui, en véritable artisan du théâtre, a su transposer sur scène, avec un mélange subtil de sensibilité et de grandeur, de passion et d’émotion, le texte à entendre et le texte à voir, l’éclat unique du théâtre de Giraudoux.
Giraudoux a cette particularité d’introduire une sorte de jeu avec les poncifs du langage dramatique pour en tirer des effets inattendus. Le jeu, c’est peut-être là le maître mot du théâtre de Giraudoux tant son écriture joue avec le texte et se joue des contraintes du genre. Son écriture didascalique, sans pour autant complètement s’affranchir des canons classiques, se transforme ainsi en espace d’écriture ; sans être un didascale prolixe, Giraudoux est l’un de ceux qui redorent le blason d’un texte circonscrit jusque-là dans une fonction purement utilitaire. L’espace, le temps, les personnages, les conventions dramatiques tout obéit chez Giraudoux à une sorte de pratique ludique de l’écriture qui s’inscrit bien souvent à contre-courant des attentes critiques. On veut coûte que coûte le faire entrer dans une case alors qu’il échappe aux codes de classification établis. Son écriture refuse de se soumettre aux confinements génériques. Son théâtre repose sur un désir de transcender le réel en donnant à la fantaisie les couleurs du quotidien et au quotidien les allures d’une féerie, Intermezzo, Ondine ou encore La Folle de Chaillot sont des exemples parfaits de cette dichotomie qui traverse toute l’œuvre. Nous nous sommes posé deux questions mais qui nous semblent essentielles : Comment se construit l’écriture théâtrale de l’auteur ? Et comment s’opère cette traversée du miroir qui est le propre du passage du texte à la scène ?

Membres du jury :
Mme Pascale ALEXANDRE, Professeur des universités
Université Marne-la-Vallée - Paris Est
Mme Catherine BRUN, Professeur des universités
Université Sorbonne Nouvelle - Paris 3
M. Jean-Yves GUERIN, Professeur émérite
Université Sorbonne Nouvelle - Paris 3
Mme Nathalie MACE, Professeur des universités
Université Avignon - Pays du Vaucluse

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