Après la catastrophe, bifurquer ou persévérer ? Les forestiers à l’épreuve des événements climatiques extrêmes Article - Juillet 2020

Vincent Banos, Philippe Deuffic

Vincent Banos, Philippe Deuffic, « Après la catastrophe, bifurquer ou persévérer ? Les forestiers à l’épreuve des événements climatiques extrêmes  », Natures Sciences Sociétés, juillet 2020, pp. 226-238. ISSN 1240-1307

Although climatic disasters have been scrutinized for years, their impacts on changes in practices are unclear. Our contribution aims to question the adaptive strategies implemented by private forest owners following two major natural disasters : storm Klaus in 2009 (Landes de Gascogne Forest) and a severe drought in 2003 (Pays de Sault Forest). We hypothesize that the outcome of these disasters was neither a revolution nor a status quo but rather a so-called ‘assisted rerouting’. Our analysis shows that, ten years after these events, strategies have ranged from a return to routine to intensification of sylvicultural practices. The continuity observed despite these changes is due in particular to the experts’ epistemic authority, which, far from being challenged, was strengthened by the crisis-solving process. Finally, we suggest that such disasters should not be described only from the angle of future risks, but considered also as experiments that test the relevance and efficiency of adaptive strategies.

En dépit de l’attention croissante accordée aux catastrophes climatiques, leur influence réelle sur les changements de pratiques reste ambivalente. Pour contribuer à ce débat, nous questionnons les stratégies d’adaptation adoptées par des propriétaires forestiers suite à la sécheresse de 2003 (Aude) et la tempête de 2009 (Landes de Gascogne). L’hypothèse défendue est que ces catastrophes n’ont conduit ni à la révolution, ni au statu quo mais à une «  bifurcation assistée  ». En effet, les stratégies mises en œuvre dix ans après oscillent entre retour aux routines et intensification des pratiques sylvicoles. Ces changements dans la continuité s’expliquent notamment par le fait que l’autorité des experts, loin d’être ébranlée, fut renforcée par les processus de sortie de crise. Au final, cet article souligne l’intérêt de penser les catastrophes, non pas seulement comme des risques à venir, mais comme des laboratoires permettant d’éprouver la pertinence et l’efficacité des réflexions sur l’adaptation.

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