De l’idéal du critique au discernement du lecteur. Le traité préliminaire aux Jugements des savants d’Adrien Baillet (1685) Article - Mai 2015

Emmanuelle Mortgat-Longuet

Emmanuelle Mortgat-Longuet, « De l’idéal du critique au discernement du lecteur. Le traité préliminaire aux Jugements des savants d’Adrien Baillet (1685)  », Littératures classiques, mai 2015, pp. 259—280. ISSN 2260-8478

Résumé

Quels sont les ressorts intellectuels profonds qui déterminent l’entreprise des Jugements des savants ? Dans un paysage des savoirs bouleversé, Baillet prend acte du discrédit jeté sur les évolutions de la « critique » humaniste et sur les « censeurs ». Il n’entend pas pour autant laisser voie libre aux faibles ouvrages qui se multiplient, ni aux jugements de goût des mondains. Pour fonder une légitime discipline d’évaluation des ouvrages, il s’appuie sur les concepts d’inspiration cartésienne de Port-Royal et de Malebranche : seul l’exercice d’un jugement, secondé par un vaste savoir et complété par des qualités éthiques, peut faire du critique un guide. Faute de cet idéal, il reste à éveiller l’esprit du lecteur contre censeurs illégitimes et « préjugés » (rôle du Traité) et à compenser la subjectivité des juges par la collation organisée de leurs « sentiments » (rôle des Jugements). Ainsi s’ouvre un nouvel espace visant à former empiriquement le lecteur à la « critique » des critiques.

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