Derrière la crise du français : nouveaux aspects du purisme dans l’entre-deux-guerres Chapitre d’ouvrage - 2020

Vincent Berthelier

Vincent Berthelier, « Derrière la crise du français : nouveaux aspects du purisme dans l’entre-deux-guerres  », in Le nationalisme en littérature (II) : le « génie de la langue française » (1870-1940), 2020

Résumé

Derrière la crise du français : nouveaux aspects du purisme dans l’entre-deux-guerres Je me propose dans le présent article d’étudier le phénomène du purisme, phénomène linguistique, ou plus précisément épilinguistique, consistant à fixer non des normes de fonctionnement du langage, mais des normes axiologiques définissant la meilleure manière de s’exprimer. Ce phénomène, d’abord décrié en raison du rapport non-scientifique à la langue qu’il induit, a été en partie réhabilité par des recherches plus récentes en linguistiques, s’intéressant au rôle joué par les normes dans les pratiques des locuteurs 1. Le purisme n’est évidemment pas un phénomène uniquement français, on le retrouve de la Rome antique à la Grèce actuelle, en passant par l’Allemagne et l’Angleterre. Pour autant, il semblerait (souvent, d’après les puristes eux-mêmes) que la passion pour le bien dire et le bien écrire soit particulièrement ardente en France, et que, de même que la France se pense comme nation littéraire, elle se pense aussi à travers le souci particulier qu’elle a de son langage. Je voudrais donc examiner ici la façon dont le purisme linguistique s’articule à l’imaginaire national, et plus précisément nationaliste, dans l’entre-deux guerres. Pourquoi cette période ? Premièrement parce que le purisme, comme la culture selon Deleuze, connaît des périodes riches et des périodes pauvres, et que l’entre-deux-guerres est une de ces périodes riches, ne serait-ce qu’en quantité de publications 2. Ensuite, parce que la

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