Du poème aux mémoires : la petite fugue des circonstances chez Frédéric Jacques Temple Communication dans un congrès

Marie-Paule Berranger

Marie-Paule Berranger, « Du poème aux mémoires : la petite fugue des circonstances chez Frédéric Jacques Temple  »

Résumé

Frédéric Jacques Temple possède " l’art des minutes heureuses " (C. Leroy) . Qu’appellera-t-on circonstance dans cette œuvre qui vise droit au cœur pérenne de l’instant et, contre l’étymologie du mot "circum stare", en laquelle rien ne semble périphérique ? A la différence de ce que l’on observe chez René Char, le poème événement ne jaillit pas de l’effacement de la circonstance dans l’instant foudroyant. Il exalte au contraire la circonstance, qui devient, dans le poème, l’événement même. Les traces que laissent les circonstances dans le texte sont évidemment fonction du genre : qu’est-ce qui, dans son inscription ou son traitement, est spécifique de l’écriture de poésie ? On étudie à travers épigraphes, dédicaces, citations, noms de lieux et de personnes, dates ce qu’on peut appeler la signature des circonstances. On voit ainsi comment il revient au lieu de singulariser le moment et de confirmer le sujet dans son existence, mais aussi quel est le rôle du nom propre , étant entendu que pour Temple comme pour Char, " le poème est toujours marié à quelqu’un " (R. Char). On observe enfin que, si les circonstances de la réalisation du livre de poésie se développent en poème dans les colophons de plusieurs recueils, elles n’ont pas place dans "Beaucoup de jours" le volume de mémoires, publié en 2009, à la différence de celles qui entourent l’écriture des romans : une différence de traitement étroitement liée au statut de la poésie, que tente de penser cette étude.

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